Une maison Roland-Giguère à Ahuntsic? Pas sûr!

Roland Giguère<br />
Photo: Télé-Québec Roland Giguère

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) hésite à accepter la demande d'enseignants de nommer la future maison des arts et lettres d'Ahuntsic en l'honneur du poète et artiste Roland Giguère, qui résidait dans le quartier et s'est suicidé en 2003.

Lors d'un colloque organisé la semaine dernière par l'Académie des lettres du Québec et portant sur la transmission de la culture dans les écoles secondaires, le jeune enseignant de français Michel Stringer a fait part à l'assemblée de sa proposition de nommer la maison en l'honneur du défunt, qui a marqué l'histoire littéraire du Québec. L'école où M. Stringer enseigne, Sophie-Barat, utilisera largement la nouvelle maison, qui sera située juste à côté.

Peintre, poète, typographe, Roland Giguère incarnait à lui seul un vaste univers culturel. «Je considère qu'on enseigne trop peu la poésie, qu'on fait trop peu connaître les poètes québécois et j'ai vu une occasion de la faire con-naître avec le projet de la maison des arts et lettres, surtout que Roland Giguère était citoyen d'Ahuntsic et qu'il était à la fois poète et artiste», a expliqué au Devoir M. Stringer, qui fait lire à ses élèves des poètes de Giguère. Il a obtenu l'appui de ses collègues et de la direction.

Or la présidente de la CSDM et commissaire d'Ahuntsic, Diane De Courcy, hésiterait à accéder à leur demande parce que le poète s'est suicidé, mauvaise image semble-t-il pour un établissement utilisé par les 1425 élèves de l'école et les citoyens d'Ahuntsic. Elle n'a pas fermé entièrement la porte à la possibilité de créer la Maison Roland-Giguère, mais a certainement ouvert un débat sur la question.

La présidente n'a pas voulu commenter la proposition cette semaine. «Pour ce qui est du nom, c'est loin d'être arrêté, a expliqué Alain Perron, du Service des communications. Il y a probablement plusieurs autres suggestions sur la table.»

La maison des arts et lettres est un grand projet de 15 millions de dollars qui comprendra des locaux d'arts pour les élèves d'à côté ainsi qu'un auditorium qui profitera aussi aux citoyens. Cons-truite en partie à partir de pierres patrimoniales de l'ancien externat Sainte-Sophie, elle devrait être achevée en 2013.
2 commentaires
  • Laramée,Ghislaine - Inscrit 7 novembre 2011 12 h 39

    Roland Giguère

    Je crois qu'il est indécent de la part de Diane DeCourcy d'invoquer le suicide de Roland Giguère pour écarter la suggestion du professeur Stringer. Que fait-on de Claude Jutra, de Pauline Julien qui ont connu la même fin de vie ce qui n'a pas empêché de nommer prix, salle de spectacle en leur honneur . Doit-on se souvenir de la cause du décès d'une personne ou se souvenir de ses réalisations?
    Il est d'autant plus pertinent de souligner le nom de Roland Giguère qu'il était tout d'abord typographe de métier et que c'est au Gegep Ahuntsic que se donnent encore des cours de typographie. Il a créé les Editions Erta permettant à plusieurs artistes de voir leur œuvre imprimée. Il a été un magnifique poète et un superbe artiste en art visuel.
    Cessons de tergiverser et de mettre des arguments fallacieux de l'avant pour refuser d'honorer une personne honorable.

  • SuzieQ - Abonnée 10 novembre 2011 21 h 30

    Question d'image et du paraître...

    « ...parce que le poète s'est suicidé, mauvaise image semble-t-il pour un établissement utilisé par les 1425 élèves de l'école et les citoyens d'Ahuntsic. »

    Tout à fait à l'image de ce quartier bourgeois!
    Sur un air brellien :
    « Les bourg.... sont comme les cochons
    Plus ils deviennent vieux, plus ils deviennent bêtes. »