Les créateurs d'Antidote lancent une maison d'édition

Druide informatique, spécialisé dans l'édition et la distribution de logiciels grand public, dont le populaire correcteur Antidote, lance une maison d'édition.

«La nouvelle maison publiera de la littérature générale, de la fiction et des essais, de la littérature jeunesse, ainsi que des ouvrages de référence», a annoncé la compagnie. «Le premier rêve qu'on avait avec Druide informatique, il y a 15 ans, expliquait en entrevue au Devoir le président du conseil d'administration, André d'Orsonnens, c'était de démocratiser le français. Pour nous, le lien est naturel: on a aidé les gens à mieux écrire, là on va les aider à publier.»

Le nouvel éditeur mise sur la sortie, pour chacun de ses livres, d'une édition numérique simultanée. Elle compte s'appuyer sur l'équipe marketing de Druide informatique, venue justement du milieu livre. Le lien avec l'informatique et l'édition numérique semble logique.

L'équipe éditoriale de Druide est composée de transfuges des éditions Québec-Amérique (QA). Elle reprend d'ailleurs chez Druide la même hiérarchie: Luc Roberge sera président, Anne-Marie Villeneuve, éditrice, et Normand de Bellefeuille, directeur littéraire.

Chez Québec-Amérique, on accusait hier le coup. «C'est certain que c'est un choc, a reconnu au téléphone la directrice littéraire Isabelle Longpré. Luc Roberge est chez QA depuis 29 ans et Anne-Marie depuis 14 ans, c'étaient de gros morceaux de l'équipe. Les deux deviennent actionnaires minoritaires chez Druide informatique, alors qu'on sait que QA est une entreprise familiale, et qu'après Pierre Fortin, sa fille Caroline va reprendre la direction. Le chemin ici est tracé et Luc [Roberge] n'aurait pu aller plus haut. M. Fortin m'a rappelé que c'est la troisième fois que ça arrive ici: Jean Petitgrew a quitté QA pour fonder Alire, ensuite André Vanasse est parti et a créé XYZ. C'est sûr qu'on doit considérer désormais Druide comme un concurrent. Mais même

si c'est une institution solide, ils n'ont pas d'équipe: pas de production, pas de marketing, la force de frappe n'est pas la même. On leur souhaite la meilleure des chances, et de notre côté, on va sûrement chercher à bonifier l'équipe.»

Druide informatique vise à sortir ses premières publications au Salon du livre de Québec. André d'Orsonnens annonce déjà la parution d'un dictionnaire des cooccurrences. Il aimerait avoir publié de deux à quatre titres d'ici là et assure que l'investissement de cette nouvelle filiale est considérable. Des chiffres? «Je ne veux pas les dévoiler de peur que nos concurrents soient jaloux», concluait en boutade d'Orsonnens.