Hong Kong et les dragons de Jérome Bosch

Les indices sont rares, mais les deux policiers mettent bientôt la main sur un suspect qui s'apprêtait à quitter LA en vitesse. Presque au même moment, Hiéronymus Bosch, dit Harry, reçoit un appel lui suggérant de «laisser tomber». Et comme si ça ne suffisait pas, il trouve aussi une vidéo de 30 secondes sur son téléphone: on y voit sa fille, qui vit à Hong Kong avec sa mère, ligotée à une chaise dans un hôtel de passe, terrorisée, bâillonnée. Comme le dit le quatrième de couverture du plus récent thriller de Michael Connelly: le pire cauchemar de sa vie vient de commencer...

Évidemment, Bosch pète les plombs! Il cuisine son suspect encore un peu plus raide, mais il ne réussit pas à en tirer quoi que ce soit, même après avoir plus tard fouillé son appartement déguisé en fantôme. Convaincu d'un lien entre les deux affaires, convaincu aussi d'une fuite à l'intérieur des rangs de la police, il décide de tirer d'abord sa fille Madeline des mains de ses ravisseurs et il saute dans un avion pour Hong Kong... Dès qu'il met le pied au pays des neuf dragons, les choses se précipitent: Eleanor, l'ancienne agente du «Bureau», mère de Madeline, l'attend, prête à se lancer elle aussi dans cette course contre la montre. L'action est plantée: on ne vous en dira pas plus...

Sauf, bien sûr, pour souligner qu'avec un Harry Bosch égal à lui-même, toujours vif, toujours étonnant dans ses «statements» sur la bêtise bureaucratique ou l'évolution du rôle de la police dans la société moderne, Connelly nous fait plonger dans un monde étrange. Un monde étranger plutôt. Derrière les tours du centre-ville puis plus loin, derrière les enfilades de canyons de 40 étages de la monstrueuse mégalopole qu'est devenue Hong Kong, on passe rapidement aux fonds de ruelle embrumés de Blade Runner et à un fébrile climat d'intrigues immémoriales et de flottements en tous genres tout droit surgis du Taï Pan ou de La Noble Maison de James Clavel. La quête de l'inspecteur Bosch se transforme rapidement en un menaçant choc des cultures.

Abordant presque le sujet comme le journaliste qu'il fut avant de devenir célèbre, Connelly nous apprend des choses fascinantes sur l'hydre qu'est devenue Hong Kong, sur les triades aussi et les codes qui les régissent. Tout comme sur les hommes, bien sûr, avec leurs innommables petitesses quotidiennes et leurs grandeurs insoupçonnées. Comme chaque fois que l'on fait un bout de chemin avec Harry...
1 commentaire
  • Yves Nadeau - Abonné 9 juin 2011 11 h 01

    Dommage

    L'utilisation de termes anglais dans ce texte est dommage; il s'agit ici du Devoir et non pas de L'Express.

    J'ai lu cet ouvrage en anglais au moment de sa parution et la description qu'on en donne ici est fort éloignée du roman.