Littérature québécoise - Miron l'égarouillé

Un «égarouillé»? C'est «un exilé de l'amour et de la beauté», un mot inventé par Gaston Miron dans TGV Lyon, un de ses Poèmes épars. Dans Miron l'égarouillé (Hurtubise), François Hébert analyse l'obsession de la mort et du temps qui émane de partout dans l'œuvre du grand poète.

En prenant les textes à rebours, depuis Courtepointes jusqu'à La marche à l'amour, l'ex-critique littéraire du Devoir et poète dissèque le coeur des thèmes mironesques, accordant une attention particulière aux «petits poèmes», car ils vont «directement aux grandes questions: d'emblée le flash, l'intuition, le déclic y est. L'épique et le lyrique font les longueurs et les langueurs. Les petits poèmes ont été décantés, réduits à leur noyau.» Hébert relève les références tissées dans les textes, fait le lien avec les événements de la vie de Miron. «Le fantôme est magnifique, écrit Hébert, dans le vent qui le signale et le dissimule, comme dans la langue qui le retrace.»