Québec - Le livre numérique s'invite au Salon

L’auteure Marie Laberge est présidente d’honneur du Salon du livre de Québec pour la troisième fois.<br />
Photo: Yan Doublet - Le Devoir L’auteure Marie Laberge est présidente d’honneur du Salon du livre de Québec pour la troisième fois.

Québec — Le livre numérique fait son entrée au Salon international du livre de Québec (SILQ) cette année, mais par la petite porte. Son président, Philippe Sauvageau suit le phénomène de près, mais à son avis, on n'est pas près d'abandonner le papier.

«Les premières études faites sur le livre numérique démontrent que les gens aiment encore beaucoup travailler avec le papier. Ils trouvent fatiguant de lire sur un ordinateur ou une tablette et trouvent plus facile le format papier», a-t-il dit hier en marge du dévoilement de la programmation du Salon, qui aura lieu du 13 au 17 avril au Centre des congrès de Québec.

Quand même, le SILQ accordera une petite place au numérique le 15 avril, avec la présentation de la table ronde «Comment le numérique peut servir à mettre en valeur la littérature d'ici?» en compagnie de l'éditrice Bianca Drapeau (PUQ), de l'auteure Valérie Harvey (Passion Japon, Septentrion) et du directeur des Librairies indépendantes du Québec, Dominique Lemieux.

Même si la bande dessinée s'adapte encore plus lentement que le livre au mode iPad, le directeur du Festival de bande dessinée francophone de Québec, Thomas-Louis Côté, a lui aussi prévu quelque chose de spécial sur ce thème avec une exposition consacrée aux meilleurs représentants de la bédé numérique d'ici, du 5 au 30 avril à la nouvelle librairie Phylactère, rue Saint-Joseph.

La tendance est mondiale. Ainsi, le Salon du livre de Paris qui se terminait lundi plaçait le livre électronique au centre de sa programmation cette année. Et ce, même si les nouveaux supports connaissent beaucoup moins de succès en Europe qu'aux États-Unis (comme chez nous d'ailleurs).

Quant aux salons eux-mêmes, Philippe Sauvageau est convaincu qu'ils n'ont rien à craindre de la révolution numérique. «La rencontre entre l'auteur et le lecteur va toujours demeurer, qu'on lise en format papier ou numérique», souligne-t-il avant d'ajouter que le numérique pose toutefois bien des problèmes aux libraires.

Les éditeurs, eux, peuvent prendre la chose du bon côté. C'est le cas par exemple d'Antoine Tanguay de la petite maison Alto de Québec qui s'est fait connaître, il y a quelques années, grâce au succès mondial de Nikolski de Nicolas Dickner. «L'idée, c'est de créer des événements autour du livre. L'oeuvre se diffuse, elle se discute, la place où on va la mettre ne me dérange pas», dit-il.

Le jeune éditeur se prépare même à lancer cet automne une nouvelle collection dédiée spécifiquement au livre numérique. Avec Nicolas Dickner, il travaille en outre à un projet de livre «aléatoire» dont on pourrait déplacer les passages à la manière d'un puzzle. «Là où ça m'excite, c'est dans ce que ça peut apporter à la création même, explique-t-il. Est-ce que tu peux avoir du contenu en plus? Changer la façon de lire? Permuter des bouts de textes?»

Marie Laberge et Éric-Emmanuel Schmitt

En attendant, les habitués du Salon se retrouveront cette année en terrain familier sur le site habituel (le Centre des congrès), ses nombreuses activités pour enfants, ses tables rondes, sa discussion sur la caricature et la politique municipale et une présidente d'honneur qui en est à son troisième passage à Québec, Marie Laberge.

Au nombre des activités dignes d'intérêt, mentionnons la venue du romancier et dramaturge Éric-Emmanuel Schmitt, un nouveau venu au Salon de Québec. Ceux qui s'intéressent à l'actualité internationale voudront en outre assister le 16 avril à la table ronde «Quelles réflexions vous inspirent les derniers événements dans le monde arabe?» avec le Français Robert Solé, l'animateur Jean-François Lépine, le professeur Sami Aoun et l'auteure Yara el-Ghadban.

Près de 1000 auteurs sont attendus au Centre des congrès. De nombreuses activités auront lieu également dans le quartier Saint-Roch, autour du Festival de la bédé notamment, et en musique au Palais Montcalm. Enfin, le hasard a voulu que le passage d'Éric-Emmanuel Schmitt coïncide avec la présentation de sa pièce Variations énigmatiques au théâtre de la Bordée.