Tintin au pays de la parodie

Les Poils mystérieux, Le Crado pince fort, L'Affaire tourne au sale, La Lotus bleue... L'univers de Tintin peut aussi être parodié. C'est en tout cas ce que la Cour d'appel de Paris vient de statuer en donnant raison à un éditeur français traîné devant la justice par les ayants droit de l'œuvre de Hergé pour plusieurs détournements de couvertures d'albums. Des parodies acceptables, estime le tribunal, qui n'a pas retenu la thèse de la contrefaçon.

L'affaire remonte à 2009 et cible la série de romans policiers intitulée Les Aventures de Saint-Tin et de son ami Lou (il s'agit d'un reporter-enquêteur et de son perroquet) et éditée par la maison Le léopard démasqué. Sous la plume d'un certain Gordon Zola, ces bouquins exploitent en couverture des versions détournées des albums mettant en vedette le célèbre reporter à la houppette. Les titres sont conséquents: L'Ire noire, Saint-Tin au Tibet, Les pies jouent de la castagnette...

De la contrefaçon et du parasitisme, ont estimé la société Moulinsart S.A. et Fanny Rodwell, veuve de Hergé, qui ont demandé aux tribunaux d'arrêter la production de ces livres et d'être indemnisés pour l'injure. En juillet 2009, un premier jugement leur a donné raison, condamnant l'éditeur à verser 55 000 $ aux gardiens de l'oeuvre de Hergé, mais rejetant l'idée de la contrefaçon. Portée en appel, la décision vient d'être infirmée au profit de l'éditeur.

Pour le tribunal parisien, les couvertures de livres entrent dans une «exception de parodie», inscrite dans la juridiction française, exception «perçue à la lecture du titre et à la vue des couvertures» qui travestissent et détournent «les images avec le dessein de faire rire», et ce, en «évitant tout risque de confusion», indique l'arrêt consulté par l'Agence France-Presse. Par ailleurs, la Cour condamne désormais Moulinsart S.A. à verser 13 000 $ à l'éditeur pour «atteinte portée à son image», en raison de la poursuite.
1 commentaire
  • Goncourt - Inscrit 23 février 2011 11 h 09

    Petite précision...

    La maison d'édition mise en cause dans ce dossier est "Le léopard masqué", et non "Le léopard démasqué"... un qualificatif n'excluant pas l'autre !