Littérature québécoise - Marois noir

Les dix-huit «nouvelles noires» réunies par André Marois dans Du cyan plein les mains sont masculines, urbaines et saisissantes.

Un graphiste qui n'en peut plus des laideurs publicitaires produites par ses collègues décide de faire le ménage dans la profession. Un militant antiraciste choisit de tuer un enfant noir, plutôt qu'un blanc, lors d'un accident. Un humanitaire déchiré entre son amour des femmes et sa passion des missions à l'étranger résout son dilemme par la méthode forte. Un gars de la construction, allergique aux noix, finit par devenir violemment allergique aux gros bras.

Marois, dans ce solide recueil, fait dans le court et dru. Une page lui suffit pour installer le suspense ou le malaise et quelques pages, pour les développer, dans la fureur ou la noirceur, avec un style sec et transparent.

Désabusés, ces personnages principaux rationalisent comme des schizophrènes, n'ont que de mauvaises solutions et finissent mal, laissant le lecteur tout chose, mais happé.

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Collaborateur du Devoir