Féminisme - Femmes d'idées et de rébellion

«L'histoire occidentale, écrit la politologue Diane Lamoureux, [...] est construite sur l'exclusion des femmes du domaine du savoir.» Elle réserve aux hommes le monde des idées et de l'action publique, pour ne laisser aux femmes que l'engendrement biologique.

Féministe, Lamoureux, dans Pensées rebelles, se propose de renverser cette perspective et de «réfléchir à la possibilité d'une généalogie au féminin qui ne passe pas exclusivement par la procréation, tout en ne la niant pas». Des femmes, au XXe siècle, grâce notamment au mouvement féministe, ont accédé à l'enseignement supérieur et se sont reconnues comme interlocutrices. Elles ont aussi produit des oeuvres «à partir [desquelles] d'autres femmes (et d'autres hommes) ont pu penser».

Pensées rebelles présente le parcours intellectuel et militant de trois d'entre elles: la révolutionnaire allemande d'origine juive Rosa Luxemburg, l'universitaire allemande d'origine juive Hannah Arendt et la philosophe féministe belge Françoise Collin. En analysant de savante façon la pensée de ces audacieuses intellectuelles, notamment leurs réflexions sur les rapports entre la théorie et la pratique révolutionnaires (socialistes, populaires ou féministes), Lamoureux ne veut «ni faire oeuvre d'antiquaire ni se contenter de payer ses dettes intellectuelles, mais plutôt chercher de quoi alimenter les rébellions présentes et à venir». Militant, le propos de cet ouvrage n'en reste pas moins très universitaire.

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Collaborateur du Devoir