Des contes de Noël à l'ancienne sous le sapin

Le livre sent bon la nostalgie, la féerie d'antan. Les illustrations soignées au style vieillot nous ramènent forcément en arrière. Et les histoires racontées nous rappellent à quel point les temps ont changé... même si sur le fond certaines situations demeurent inchangées et certains problèmes, insolubles.

C'est l'occasion aussi de découvrir ou redécouvrir des contes devenus des classiques de la littérature mondiale. Dix. Il y en a dix en tout. Dont deux de Dickens: un qui ouvre le recueil, l'autre qui le ferme.

Du Danois Hans Christian Andersen, raillé dans son pays en son temps et qui a côtoyé ce cher Dickens à Londres, on propose encore là deux histoires. Dont celle, inoubliable, de La Petite Fille aux allumettes. On croit connaître ce conte sur le bout des doigts, et pourtant on s'étonne de sa noirceur, de sa dureté, de sa fin tragique.

On s'étonne aussi de constater à quel point Le Louis d'or, de François Coppée, regorge d'actualité. Quoi? Un joueur compulsif qui ne peut résister à sa passion destructrice? Et qui, plutôt que de venir en aide à une enfant en danger, se convainc qu'il a raison de continuer à jouer? À moins qu'il ne s'agisse d'un mauvais rêve...

Les enfants qui meurent de faim, de froid, sous l'indifférence des passants, sont légion dans ce recueil. De quoi fouetter les sens des coeurs les plus durs, les moins généreux, en ces temps de réjouissances qui approchent.

Même les miracles se produisent, foi de Guy de Maupassant. On croirait que le frère André est passé par là.

On a beau dire, on a beau vivre dans une société dite laïque, mesurer le fossé qui nous sépare de cette époque révolue où la religion dictait nos pas et soi-disant réglait tout, ça finit toujours par nous rattraper de quelque façon. Même dans la fiction.

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Collaboratrice du Devoir