Des histoires et des femmes

Une planche de la bande dessinée <em>A la faveur de la nuit</em> de Jimmy Beaulieu. <br />
Photo: Jimmy Beaulieu Une planche de la bande dessinée A la faveur de la nuit de Jimmy Beaulieu.

Deux femmes. Un motel. Et des histoires à la cuisse légère. Dans une nuit ordinaire, Véronique et Béatrice attendent un homme qui s'appelle Léonce. Elles sont légèrement vêtues, allongées sur le lit d'une chambre anonyme dans un motel, au bord d'une route, quelque part au Québec.

Et elles cherchent à tuer le temps en imaginant des récits, disparates et parfois extraordinaires.

Il y a un géant, une sorcière, une héroïne en costume de latex capable de sauter de toit en toit. Il y a aussi une société où les hommes ont été réduits à l'esclavage, des voitures de police et surtout l'imagination débordante de l'auteur Jimmy Beaulieu qui, avec À la faveur de la nuit (Les Impressions nouvelles), propose une nouvelle incursion dans son univers bédéesque pour adultes, celui où les femmes et surtout leurs corps s'exposent avec une étonnante obsession.

D'abord fanzine

Au départ projet d'assemblage de quelques planches auto-éditées dans le fanzine Colosse, mais aussi dans la revue de la marge Formule 1: Bears+Beer, ce recueil de nouvelles tout en cases, en courbes aguichantes et en bulles a finalement dépassé le cadre de ses premières ambitions pour devenir un ouvrage pour le moins sexué qui expose sur plus de 100 pages une série de fantasmes masculins en guise de ciment à plusieurs aventures humaines.

Les univers développés par l'auteur avec Ma voisine en maillot, Le Moral des troupes, Quelques pelures ou -22˚C ne sont forcément pas très loin, avec leur souci du cadrage, du plan et de la perspective. Mais, faute d'un contenu un peu plus dense, d'une trame narrative réellement haletante et surtout d'une intrigue assumée, cette balade dans la nuit se dévoile surtout comme un joli exercice de style avec, comme principale source de divertissement, une succession de postures remarquablement bien dessinées.