H comme Hareng, R comme Russe

Chroniques, vignettes, abécédaire: les micro-récits de la journaliste Katia Metelizza, réunis par ordre alphabétique et illustrés de rouge moscovite pour son Nouvel abécédaire russe (Les Allusifs) sont autant de polaroïds de la vie quotidienne post-soviétique.

B comme bol de soupe, C comme Collant: «Mon premier collant était d'une couleur bleu tendre, fabriqué dans quelque république balte et rapporté par une connaissance. Il fut ainsi, littéralement, une manifestation de la civilisation occidentale, une incarnation de l'Occident. Immédiatement, je conçus à son égard la même haine que les paysans russes du XVIIIe siècle éprouvaient à l'égard de la pomme de terre imposée par l'impératrice Catherine.»

En vingt-six flashs d'au plus cinq pages, les anecdotes hyper-référencés que Katia Metelizza colligent détruisent quelques mythes sur la culture moscovite, en accentuent d'autres. L'auteure, qui réunit des textes de ses premiers recueils Abécédaire de la vie et Amour, scrute à la loupe et avec un sourire narquois le bol de soupe familiale et sacré, les célébrations interminables du temps des fêtes, la vodka, la fourrure, les saucissons. Si le ton reste parfois trop collé à celui du magazine féminin, la lecture en reste légère et ludique, et ce Nouvel abécédaire russe, amusa permet d'absorber et de comprendre, comme on le ferait en feuilletant des revues soviétiques ou russes, certains traits culturels.

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Nouvel abécédaire russe
Katia Metelizza
Traduction Elena Balzama
Illustrations Jean-François Martin
Les Allusifs
Montréal, 2010, 168 p.