Le 33e Salon du livre de Montréal ferme boutique

C'est hier que s'est terminé le Salon du livre de Montréal, après avoir été envahi en dernière journée par les jeunes lecteurs et les groupes scolaires. Cette 33e édition a accueilli 124 500 visiteurs, une légère augmentation depuis l'année dernière.

Plusieurs prix ont été remis dans les murs du Salon lors des derniers jours. Le fort attendu prix du Grand Public Salon du livre de Montréal / La Presse catégorie «littéraire» a été décerné au romancier Michel David. Le tome IV de la saga Un bonheur si fragile (éditions Hurtubise), qui décrit le Québec rural au tournant du XXe siècle, vaut à l'auteur, décédé en août dernier, un hommage posthume.

Par ailleurs, le premier livre de Kim Thúy, Ru (Libre Expression), qui a décidément reçu son lot de lauriers la semaine dernière, repartait avec la palme de la section «essais et livres pratiques». Un choix de classement étrange pour ce récit autobiographique, qui, au Prix du Gouverneur général, concourrait plutôt côté roman. Une concurrence déloyale pour les autres finalistes? Les lauréats ont reçu une bourse de 2000 $.

À l'annuel souper des éditeurs et du milieu du livre était remis à l'éditrice Lise Bergevin, de Leméac, le prix Fleury-Mesplet, pour souligner sa contribution au progrès de l'édition québécoise. À la tête de Leméac depuis 1988, Lise Bergevin a relancé la maison d'édition, rachetée au bord de la faillite.

Le même soir, la rédactrice en chef du Devoir, Josée Boileau, recevait la plaque remise par le Salon du livre pour souligner le centenaire du quotidien.

Au Salon même, l'événement Haïti Solidarité - Quand tout tombe, il reste la culture a connu un succès allant au-delà des attentes. Le stand des éditions Mémoire d'encrier, qui coordonnait la venue d'une cohorte des 17 écrivains haïtiens et québéco-haïtiens, a été envahi d'acheteurs, de curieux et de lecteurs.

La manifestation Livres comme l'air a aussi fêté: tenue par Amnistie internationale, l'Union des écrivaines et des écrivains québécois et le Centre québécois du P.E.N, elle milite pour la libération des écrivains prisonniers d'opinion dans le monde. Des auteurs québécois sont jumelés à un plumitif coupable de délit d'opinion. Le blogueur égyptien Abdel Kareem Nabil Suleiman, apparié à l'auteur Jean-Jacques Pelletier, a été libéré le 14 novembre dernier, après quatre ans d'incarcération pour avoir insulté l'islam et le président égyptien.

Les livres ont été remisés hier en fin d'après-midi, jusqu'à l'année prochaine. La 34e édition du Salon du livre se tiendra du 16 au 21 novembre 2011.