Tout seuls ensemble

Difficile de traduire en mots des moments de grâce pure, de mort imminente, de victoire secrète ou d'abandon. Tandis qu'on est accroché à une paroi de glace au petit matin, questionnant son sens du jugement, au bord de l'hypothermie en altitude, marchant toujours plus loin, la tête dans les nuages et le cœur dans la gorge, la montagne commande le silence.

C'est le défi lancé par Hélène Guy et Jean-Nicolas Grieco à une vingtaine d'amoureux de la montagne, écrivains d'un jour ou auteurs confirmés qui, dans Second de cordée (XYZ), explorent la nécessaire et fragile interdépendance qui raccorde les grimpeurs entre eux.

Réunis ici en partie par «La Traversée», l'Atelier québécois de géopoétique rattaché à l'Université du Québec à Montréal, les récits évoquent des tentatives d'ascension du mont Blanc, du Cho-Oyu ou du mont McKinley, racontent une initiation à l'escalade de glace ou ravivent le souvenir de voyages au Népal ou au Nevada.

Un ouvrage qui, comme tout recueil, a ses hauts et ses bas. Ainsi, plusieurs textes semblent souffrir d'un manque de recul (ou d'art) qui en diminue l'intérêt littéraire, mais aussi la portée auprès d'un public plus large que la seule communauté des grimpeurs.