Essai - Le français en débat

Les débats sur le statut et la qualité de la langue française au Québec ne datent pas d'hier. Dans une anthologie intitulée La langue au quotidien. Les intellectuels et le français dans la presse québécoise. Volume I: les douaniers de la langue, 1874-1957 (Nota bene, 2010), Karine Cellard et Karim Larose ont répertorié 118 textes à ce sujet qui ont paru dans les journaux québécois, le plus souvent dans Le Devoir.

Rédigés par des écrivains (Fréchette, Groulx, Grignon, Harvey), des journalistes (Buies, Bourassa, Asselin, Héroux, Laurendeau) ou des spécialistes (Laurence, Daviault), ces textes illustrent l'allure et l'évolution du débat linguistique québécois avant la Révolution tranquille. On y retrouve les thèmes de la lutte contre les anglicismes, de la place des archaïsmes, du choix à faire entre l'universel (le français dit international) ou le particulier (le français typiquement canadien), du statut juridique du français au Canada et des responsabilités (individuelle ou collective) à assumer dans ce dossier.

Il fallait, disait-on il y a 100 ans, défendre la belle langue française, gardienne du passé et de la foi. «Nous parlons français tout simplement parce que la langue française est notre langue maternelle», écrira l'historien Michel Brunet en 1957, annonçant par ces mots le ton plus moderne et plus politique des débats à venir. Notre langue maternelle, ajoutait-il, ne doit pas devenir «un article de musée».

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Collaborateur du Devoir