Enfin, un vrai palmarès!

Ce sont 141 points de vente qui, à la suite de rapports hebdomadaires, permettent d'établir cette liste des meilleurs vendeurs dans quatre champs précis: la littérature québécoise, la littérature étrangère, les essais québécois et les essais étrangers. Il s'agit ainsi du seul palmarès à offrir un instantané précis de l'activité dans les librairies d'ici. Vous trouverez désormais ce palmarès en page 3 de votre cahier Livres, tous les samedis.

Créée en 1996, la BTLF a pour mission de favoriser la diffusion et la commercialisation des livres de langue française. La BTLF anime Gaspard, un système d'information sur les ventes qui permet, entre autres choses, d'effectuer des analyses fines du marché du livre français. Notre nouveau palmarès est lié de très près à cet outil précieux — d'où son titre — et témoigne de la confiance du Devoir à l'égard de la fiabilité et de l'indépendance de ce service d'analyse des ventes de livres.

De tels outils existaient déjà en Europe, aux États-Unis et au Canada anglais. Mais il s'agit d'une première au Québec. Désormais, la parution hebdomadaire de ce palmarès devrait décourager des inventions commerciales où prime avant tout l'esprit de négoce.

En France, de longue date, les éditeurs doivent révéler leurs tirages. Rien de tel ici, où les inventions sur les tirages ont longtemps fait partie des termes usuels d'une rhétorique marchande. Si bien que les critiques et le public ont peu à peu appris à se méfier des chiffres de vente avancés par la confrérie des éditeurs. On ne pourra plus voir des gens prétendre avoir vendu 10 000 ou 100 000 exemplaires sans que cela ne se reflète dans le palmarès Gaspard-Le Devoir.

Désormais, on le saura: les livres qui se vendent le mieux au Québec, ce sont ceux qui se retrouvent sur ce palmarès Gaspard-Le Devoir. Point à la ligne.

Est-ce à dire qu'il s'agit forcément des meilleurs livres? Bien sûr que non. Un palmarès ne permet pas de déterminer ce qui appartient à la fine fleur du monde littéraire, mais il offre tout de même la possibilité de mesurer les succès commerciaux du moment. À cet égard, un palmarès sérieux peut parfois offrir un étonnant portrait sociologique, à condition d'être questionné. Pourquoi un livre de cuisine se trouve-t-il par exemple côte à côte avec un essai sur les relations internationales? Pourquoi un roman pour midinettes trouve-t-il un aussi vaste public que le dernier livre d'un auteur bien établi? Des questions que vous vous poserez sans doute, tout comme moi, en consultant le palmarès Gaspard-Le Devoir.

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