Demande d'augmentation du budget - Les bibliothèques de Montréal veulent prendre le virage numérique

Peut-on viser le virage numérique alors que les bibliothèques de Montréal sont en rattrapage?
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Peut-on viser le virage numérique alors que les bibliothèques de Montréal sont en rattrapage?
Les bibliothèques de Montréal sont, depuis 2007 et jusqu'en 2017, en mode rattrapage et mise à niveau pour rejoindre la moyenne à ce chapitre des grandes villes canadiennes. Le document de consultation de la Commission rappelait en mai dernier que moins du tiers des Montréalais sont abonnés à une bibliothèque. Les villes canadiennes d'égale envergure dépassent souvent 50 % d'abonnés. Ce rattrapage n'empêche pas le tournant numérique espéré par la Commission, qui recommande à l'exécutif de la ville d'augmenter le budget des bibliothèques entre 2011 et 2013.

Louise Guillemette-Labory, directrice associée-Bibliothèques à la Ville de Montréal, se réjouit de ces recommandations. D'autant que la Commission suggère 8,7 millions en immobilisation pour le passage aux technologies libre-service des bibliothèques montréalaises. Une augmentation de 4,9 millions en trois ans au budget de fonctionnement est aussi recommandée pour développer les services en ligne et la collection numérique.

«À l'heure actuelle, explique Louise Guillemette-Labory, le catalogue est une grande liste de près de quatre millions de documents. Ce budget permettrait de taguer nos collections. Ainsi, le parent qui cherche de la lecture pour son enfant va trouver exactement ce qu'il veut. Et s'ajouterait au catalogue un partage des commentaires des usagers.»

Peut-on viser le virage numérique alors que les bibliothèques de Montréal sont en rattrapage? «C'est comme pour le téléphone en Afrique: ils sont passés de rien aux téléphones cellulaires, sans la transition par les lignes et les poteaux, illustre Guillemette-Labory. On a une vision partagée entre le réseau et les élus sur le nouveau rôle de la bibliothèque. Ce qu'il nous faut, c'est l'infrastructure de base, le système informatique et à partir de là, un peu d'imagination.»

«À l'échelle de la planète, indique Guillemette-Labory, on constate une stagnation du nombre de prêts et une augmentation du nombre de visiteurs. Sauf à Montréal, qui a vu ses prêts monter de 8,8 % l'an dernier. La bibliothèque devient un lieu animé, et ça fait partie de notre vision.»

En 2008, selon le Canadian Urban Librairies Council, Montréal avait investi dans ses bibliothèques 44,40 $ per capita. La métropole culturelle est loin derrière Vancouver (72,30 $) et Toronto (67,90 $). Le rapport et les recommandations de la Commission permanente du conseil municipal sur le développement culturel et la qualité du milieu de vie de Montréal, composée d'élus municipaux, seront déposés devant le conseil municipal de Montréal le 20 septembre prochain.

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