Poésie - Atmosphère de feu

Louise Dupré publie un nouveau recueil au Noroît. <br />
Photo: Jean-Pierre Massé Louise Dupré publie un nouveau recueil au Noroît.

Sans peur, les Éditions David annoncent la «consécration d'une nouvelle voix franco-ontarienne», celle de François Baril Pelletier avec ses Apocryphes du cœur. Nous pourrons y ressentir, en octobre, Du frimas sur la mer, de la poète d'origine lettone Dominique Zalitis.

Aux Écrits des Forges, retenons, parmi les 17 titres annoncés, la plongée de François Charron dans la Cruauté de l'être, la voix du Chanteur entre quatre murs de ténèbres, de Bruno Durocher, jusqu'à la Résurrection, d'Alexandre Trudel. Nous pourrons alors nous rendre À vol de mots (Pierre Chatillon) jusqu'Au bord de la Blanche (Jacques Gauthier), près de La Margelle du soleil (Cristina Montescu). Une curiosité aussi nous y attend, à savoir Si je devenais nuage, une anthologie pour jeunes, avec dessins à colorier, préparée par Christine Tellier et France Boucher.

Aux Herbes rouges, septembre nous apporte l'Évangile, de Frédéric Marcotte, qui, souhaite-t-il, nous redonnera «confiance dans l'avenir déserté», puis Claude Paré essaiera de parler Pas de bouche, ce qui reste à déchiffrer. Octobre nous donnera le plaisir de découvrir d'abord une nouvelle oeuvre du talentueux René Lapierre, qui ose souhaiter qu'Aimée soit la honte, ensuite Les Poèmes d'amour, de Louis-Philippe Hébert. Les heures bleues, avec Arrêts sur images, nous proposent des haïkus de Noëlle Guilloton.

À l'Hexagone, dans la collection «L'appel des mots», nous nous attarderons certainement aux deux tomes des Grands Cimetières (Le ciel n'est qu'un détour à brûler et Je demande pardon à l'espèce qui brille), de Martine Audet. Jean-Philippe Gagnon regardera Au fond de l'air, tandis que Marie-Pierre Sirois s'engage à Résoudre ultérieurement sa vision ambivalente de l'aujourd'hui. À la fois poème et roman, Toute l'oeuvre incomplète, de François Hébert, nous permettra de suivre la confession d'un Virgile ou d'un Quichotte déculturé. Dans la collection «Écritures», même si Les oies ne peuvent pas nous dire tout de la quête spirituelle, de Mireille Gagné, il faudra vérifier. Deux titres chez Typo: une rétrospective attendue de Gilles Cyr, Poèmes 1968-1994, et le Sillage de l'ailleurs, déjà paru chez Fides en 2000 sous le titre de Choix de poèmes (1995-1997), de Fernand Ouellette.

Le lézard amoureux ne dort pas, il prépare la rentrée avec Le Lézard, l'Araignée et l'Ange, de Jan Outis, avec Les Urbanishads, premier recueil de l'écrivain Serge Lamothe, et avec Les Icônes démodées, de Nelson Charest.

Mémoires d'encrier nous incite à pénétrer les Vingt-quatre heures dans la vie d'une nuit suivi des Secousses, de Franz Benjamin, et de nous attarder au Tombeau de Pauline Julien, de Michel Lemonde.

Le Noroît nous proposera 14 titres cet automne, avec, entre autres, deux poètes majeures: d'abord, en septembre, Denise Brassard avec L'Épreuve et la Distance, et Louise Dupré, en novembre, avec Plus haut que les flammes. En septembre, un recueil au titre étonnant ne pourra qu'attirer notre attention: Les Mouches la viande, d'Alexandre L'Archevêque, suivi par Grève du zèle, de Patrick Lafontaine (Prix Émile-Nelligan 1996 pour L'Ambition du vide). Dans la collection «Chemins de traverse», des ouvrages collectifs, d'abord Héritages du surréalisme (dès août) et, peut-être en octobre (si ce n'est à l'hiver), Monstres, dirigé par Christine Palmieri.

À L'Oie de Cravan, un seul titre, Bois de mer, de Maxime Catellier, avec des photos de l'auteur, dédié au poète surréaliste Radovan Ivsic. Les Éditions du Passage produiront un livre-objet avec trois reproductions d'Anselm Kiefer et des poèmes brefs de Linda Brousseau.

Aux Éditions Perce-Neige, à paraître à la fin de l'automne, le 5e recueil de Christian Roy, Gènes et genèses, et, de Gabriel Robichaud, un premier recueil, Regards sur l'océan et autres désirs.

À La Peuplade, cette maison de Saint-Fulgence, nous saurons à quoi nous en tenir de cette part de Laurance Ouellet Tremblay, qui Était une bête (Prix Radio-Canada 2009).

Chez Planète rebelle, deux curiosités: pour enfants de quatre ans ou plus, Quand je tousse, j'ai des poils qui poussent, de Renée Robitaille, avec des collages de Marie-Pierre Normand et des musiques de Jérôme Minière, et, sous forme de fables rimées, un bestiaire délirant de Marc Sauvageau, Et Dieu créa les animaux à notre image.

Chez Prise de parole, Sylvie Maria Filion nous précisera pour une seconde fois le sens de son Temps d'éternité, constitué d'anecdotes et de fabulations. Les Poètes de brousse sont au nombre de sept cette saison. D'abord, Jean-Marc Desgent ira voir du côté d'Artaud Gauvreau, tandis que Jean-François Poupart s'intéressera à L'Or de Klimpt. Nous essaierons de percer le mystère des Monomanies, de Catherine Harton, et du Sexe inc., de Marie-Pierre Caron. Quant à Véronique Cyr, elle s'occupe de L'Installation du feu, alors que Maxime Catellier met de L'Huile sur le feu, pour exercer, peut-être, La Patience de Molotov, de François Guerrette, jeune poète remarqué cette année par une nomination au Prix Émile-Nelligan. Pour continuer dans la thématique fort courue du «feu», chez Triptyque, Aimée Verret regardera de près Ce qui a brûlé, alors que, obstinée, Joanne Morency nous fera plutôt entendre Le Cri des glaciers.

Luc LaRochelle, L'Évadé du désert de Sonora, s'attardera à des cauchemars tenaces. Joël Des Rosiers nous offrira le Gaïac, ce bois très dur, comme un flux vital, une «mémoire des mémoires éboulées». Enfin, Michel Côté suivra les mouvements de L'Intranquille gravité inspirée par la danse butô. Au Quartanier, Fabien Loszach nous parlera de la Turpitude - le grand complot de la collectivité, pendant que Maggie Roussel nous entretiendra des Occidentales. Aux Éditions Trois-Pistoles, l'éditeur Victor-Lévy Beaulieu nous propose déjà un recueil au titre incongru, Les Vers-hurlements et barreaux de lit, de Jean-François Caron; nous pouvons dès maintenant retrouver Julie Tremblay, Seule avec ses limites, nous prévenir des Coups de grisou, de Pierre Demers, et méditer sur le fait que La langue est mon pays, d'après Jean-Marc La Frenière.

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Collaborateur du Devoir