Cinquante ans de Liberté

Il y a 50 ans, la revue littéraire et politique Liberté voyait le jour, dans un Québec sur le point de célébrer sa Révolution tranquille. Plusieurs intellectuels et écrivains de l'époque, dont Jacques Godbout, Jean-Guy Pilon, Fernand Ouellet, Gilles Carle ou Michel van Schendel, aux idées pourtant fort différentes les unes des autres, fondent cet espace, un lieu «pour s'exprimer et questionner le monde», rappelle le rédacteur en chef actuel de la revue, Pierre Lefevbre.

Ce monde, il a toujours besoin d'être interrogé aujourd'hui, et c'est en regardant vers l'avenir que la revue Liberté célèbre aujourd'hui cet anniversaire.

Pour l'occasion se tiendra donc un cabaret littéraire où on pourra entendre des textes de plusieurs personnalités ayant croisé l'histoire de Liberté à un moment ou un autre. À la Sala Rossa de Montréal, le 6 mai, on lira donc des textes d'Hubert Aquin, Jacques Godbout, Pierre Vadeboncoeur, Paul-Marie Lapointe, Gaston Miron, Marie Uguay et Jacques Brault.

Selon Pierre Lefevbre, la revue Liberté pourrait devoir sa longévité à une certaine approche qu'elle a eue de la politique, et à ses liens étroits avec la littérature.

«Même si Liberté s'est toujours, au cours des 50 dernières années, préoccupée de politique et de questions sociales, elle l'a fait beaucoup par le biais de la littérature. C'est à des intellectuels très sensibles à la littérature ou à des écrivains que l'on s'adresse», dit-il.

Le comité de rédaction actuel de Liberté tient par ailleurs à ce ton pamphlétaire, cette «mauvaise foi assumée» que décrit Pierre Lefebvre. Tout un numéro de Liberté a récemment été consacré à Arthur Buies, critique acerbe du Québec du XIXe siècle. Selon Pierre Lefevbre, certains aspects des critiques de Buies sont toujours valables aujourd'hui.

Reste que la revue Liberté a toujours conservé une certaine indépendance politique. Alors que la revue réunissait dès sa fondation un militant pour la laïcité comme Jacques Godbout ou des catholiques pratiquants comme Fernand Ouellet ou Jean-Guy Pilon, on ne pourrait dire encore aujourd'hui si elle est carrément de droite ou de gauche, ajoute M. Lefebvre. La revue soutient cependant, encore aujourd'hui, que la littérature est un «fondement de la politique». Elle est aussi, par-dessus tout, l'expression de la liberté.
1 commentaire
  • Michel Boucher - Abonné 28 avril 2010 17 h 14

    Jubilez et festoyez à la Liberté

    Je souhaite une longue vie à la revue Liberté !