En bref - Le despotisme vu par Kapuscinski

Grand reporter et historien, correspondant étranger de l'agence de presse polonaise, Ryszard Kapuscinski a couvert entre 1958 et 1980 une trentaine de révolutions et de coups d'État. En Afrique, en Amérique latine ou en Asie, partout où le feu couvait, ce grand journaliste a promené son regard et son stylo.

Trois ans après sa mort, Flammarion nous propose de nouvelles traductions de certains de ses livres les plus importants, consacrés à des monuments déboulonnés du totalitarisme au XXe siècle. Paru d'abord en 1978, Le Négus est un portrait croisé de l'empereur Hailé Sélassié, qui a tenu l'Éthiopie d'une main de fer de 1930 à 1974. Quatre ans plus tard, en publiant Le Shah peu de temps après la révolution iranienne, Kapuscinski s'interrogeait encore une fois sur la chute d'un empire et les mécanismes singuliers du despotisme. Deux chefs-d'oeuvre du genre qui prennent la forme de fresques «sur l'art antique de gouverner». (Le Shah. Le Négus, Ryszard Kapuscinski, Traduits du polonais par Véronique Patte, Flammarion, Paris, 2010, 240 et 227 pages)