Succès de Kim Thuy à l'ouverture du Salon du livre de Paris

L’auteure montréalaise Kim Thuy a été couronnée hier grande lauréate du prix RTL-Lire du Salon du livre de Paris.
Photo: groupe CNW / Groupe Librex L’auteure montréalaise Kim Thuy a été couronnée hier grande lauréate du prix RTL-Lire du Salon du livre de Paris.

Paris — L'écrivaine québécoise Kim Thuy a reçu le prix RTL-Lire au Salon du livre de Paris, qui donnait son coup d'envoi hier soir à la porte Versailles, pour son roman Ru, paru au Québec aux éditions Libre expression.

Ce prix lui a été décerné par 100 lecteurs sélectionnés par 20 libraires, qui l'ont choisie parmi les cinq finalistes proposés par les rédactions de la télévision RTL et du magazine Lire.

Philippe Labro, membre du jury du prix RTL-Lire, relevait la qualité musicale, et presque picturale, de l'oeuvre de Kim Thuy.

Au cours des dernières années, ce prix, qui existe depuis 1975, a été remis notamment à Anna Gavalda et à Olivier Adam. C'est la première fois qu'il est remis à un auteur québécois.

Kim Thuy s'est dite pour sa part ravie et étonnée d'un tel hommage pour son premier livre, qu'elle publie à 42 ans.

«Je croyais que c'était un livre qui toucherait le Québec, dit-elle. C'est pour cela que je l'écrivais. Les Français ont beaucoup remarqué la structure du roman, plus encore que le récit.»

Kim Thuy était accompagnée hier à Paris de sa tante «numéro 6», comme elle la désigne dans son roman, qui s'appelle dans la vraie vie Kim Hieu Ly.

Arrivée au Québec à l'âge de 10 ans, l'écrivaine affirme que, puisque le français n'est pas sa langue maternelle, elle doit chercher la signification exacte de chaque mot et en vérifier la sémantique pour en justifier l'usage.

C'est ce qui explique sans doute en partie le côté épuré de son style qui a tant plu au jury.

Déjà, au Québec, le premier roman de Kim Thuy figure parmi les livres qui se vendent le mieux. Mais au Québec, à cause de la petitesse du marché, il est difficile de vivre de la littérature. «En ce sens, le marché français ouvre des portes», ajoutait hier Kim Thuy.

Année faste

C'est une très belle année pour la littérature québécoise en France, alors que Dany Laferrière recevait cet automne le prix Médicis pour son roman L'Énigme du retour, publié chez Grasset en France et aux éditions du Boréal pour le Canada.

Cette semaine, à la remise du prix France-Québec, décerné pour sa part à Marie-Christine Bernard pour son roman Mademoiselle Personne, publié chez Hurtubise, le journaliste Patrick Poivre d'Arvor disait trouver chez les auteurs québécois des horizons nouveaux, délaissés par les Français, férus d'autofiction.

François Busnel, du magazine Lire, dit pour sa part que la littérature québécoise peut elle aussi se refermer sur elle-même et que des auteurs issus de l'immigration, tels Kim Thuy et Dany Laferrière, lui apportent un souffle bienvenu.

Le Salon du livre de Paris bat donc son plein jusqu'au 31 mars. Il célèbre cette année son 30e anniversaire et regroupe quelque 3000 éditeurs.

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Caroline Montpetit est l'invitée de la délégation du Québec à Paris.