L'Opus Dei: une école de soumission

Le fondateur de l’Opus Dei, Josémaria Escriva de Balaguer
Photo: Agence France-Presse (photo) Le fondateur de l’Opus Dei, Josémaria Escriva de Balaguer

Jeune Français élevé dans un milieu très catholique, Bruno Devos a été membre de l'Opus Dei, principalement de 1995 à 2007, en Pologne. À titre de «numéraire» de cette organisation, il aurait eu accès à des documents réservés aux responsables (règlements internes, écrits inédits du fondateur) qui, selon lui, illustrent le caractère sectaire du mouvement.

Il les présente dans La Face cachée de l'Opus Dei. Documents secrets: les vérités qui dérangent (Les Presses de la Renaissance, Paris, 2009), un essai au style fastidieux, mais au contenu informatif.

Devos évoque l'«atmosphère de secret» entretenue par l'organisation, son culte de la soumission au fondateur, Josémaria Escriva de Balaguer, qui prend plus de place que la dévotion au Christ, et son obsession du contrôle de ses membres, privés d'amitié et de relations sociales personnelles, pressés comme des citrons et souvent psychologiquement épuisés. «Je me suis aussi rendu compte, écrit Devos, que les méthodes employées par l'Opus Dei s'apparentent à celles employées par les sectes. C'est un système fermé, totalitaire, qui coupe ses membres du monde et écrase ses détracteurs au nom de Dieu.»

Son expérience au sein de l'organisation l'amène à conclure que, «si l'Opus Dei est tolérée, c'est probablement parce que l'apparence qu'elle présente aux responsables de l'Église est radicalement différente de ses pratiques réelles». On souhaite presque que ce soit le cas, puisque le contraire — une tolérance en toute connaissance de cause — voudrait dire que l'Église s'accommode d'une dérive sectaire.
7 commentaires
  • Ivan Jobin - Inscrit 27 février 2010 00 h 42

    Je crains

    Afin de hisser le voile de l’ignorance, la lettre et l’esprit sont l’essence même de la connaissance, il faut sortir de cette caverne «Opus Dei» pour s’élever dans le ciel «absolu».

    C’est en unissant l’esprit à la lettre que l’on peut entrevoir l’autre côté du miroir. Car tout homme de vérité s’emporte contre la stupidité et la superstition. Ce n’est pas en mangeant de la soupe à l’alphabète que l’on acquière la connaissance, c’est en ordonnant celle-ci, que l’on forme les mots et imagine l’expression de la pensée.

    Dans un monde matérialiste et religieux comme le nôtre, il est difficile d’entrevoir une liberté de l’esprit aussi évocatoire qu’au-delà des concepts prédéfinis.
    Observez le comportement humain dans sa conception d’un dieu personnalisé, ce n’est que discorde et violence et cela depuis le début du fétichisme. L’usurpation de notre vérité individuelle par les religions organisées, nous prive de ce bonheur.

  • michel lebel - Inscrit 27 février 2010 06 h 32

    Un point de vue!

    C'est un point de vue. Je penserais que la réalité est plus nuancée. Mais comme il est de bon ton médiatique de taper sur l'Opus Dei, cette opinion va passer comme la vérité. En passant , je se suis pas membre de ce regroupement, préférant la large Église aux portes grandes ouvertes, avec les vents qui l'acompagnent. Chacun ses choix!

  • Renaud Blais - Inscrit 27 février 2010 10 h 08

    Point de vue de l'intérieur

    Quand on publie les résultats de son expérience c'est souvent pour "faire parler de ..." donc, pour moi, il ne s'agit que de "révélations" très relatives.
    C'est un peu comme quand dans un bulletin de nouvelles on interroge un ex-militaire pour nous parler de l'armé, je me méfie toujours d'un tel point de vue qui ne peut être qu'intéressé...
    Renaud Blais

  • Rodrigue Guimont - Abonnée 27 février 2010 10 h 41

    L’Ecclesia militans

    Que d’orgueil et d’obsession en effet chez le fondateur de l’Opus Dei, la branche militante de l’Église. Ce petit parvenu « Marquis de Peralta » fils d’un commerçant en chocolat et en tissus, anobli par le dictateur « Generalisimo » Francisco Franco en 1968 - à sa demande répétée d’ailleurs - a toujours bénéficié de l’appui de la branche fanatique de l’Église.

    Ce n’est un secret pour personne que le Pape Jean Paul II devait beaucoup au fondateur de l’Opus Dei. «Juste» retour des choses que cette canonisation, en 2002, du Marquis fondateur, appuyé fortement par le Cardinal Ratzinger (l’actuel Benoît XVI).

    Pour l’Opus Dei, l’élection de Josef Ratzinger à la papauté fut un grand soulagement, une réelle bénédiction! D’ailleurs Ratzinger n’était pas le premier Grand Inquisiteur à devenir Pape. C’était même souvent un tremplin pour s’y rendre (je pense ici au grand inquisiteur Carafa devenu Paul IV).

    Ceci dit, il est à espérer que l’ouvrage de Bruno Devos, relaps des «familias» de cette prélature ultra catholique d’extrême droite, devenu apostat par la force des choses, ne peut qu’être intéressant. Espérons toutefois que l’auteur sortira des sentiers battus de l’auto-flagellation.

  • Roland Berger - Inscrit 27 février 2010 21 h 18

    Les gros canons

    Je me demande si le Vatican va jouer le silence dédaigneux ou sortir les gros canons pour démolir la réputation du dénonciateur de son exécuteur des basses oeuvres, l'Opus Dei. On a dit et redit que Dan Brown avait grandement exagéré le rôle de cette institution dans son roman Le code de Da Vinci. Faut-il rappeler aux naïfs que l'Église a fait radier de la planète des millions d'individus (les Cathares, entre autres) pour ne perdre le contrôle de la religion helléniste fondée par le faux apôtre Paul, devenue religion officielle de l'empire romain au 4e siècle. Comment pèsent quelques petites exécutions clandestines comparées à de tels massacres.
    Bravo à Bruno Devos pour son courage.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario