Peu de nouveau sous le Sollers

Philippe Sollers
Photo: Agence France-Presse (photo) Bertrand Guay Philippe Sollers

En 2007, dans des Mémoires menés au pas de course, Philippe Sollers résumait la place qu'occupe dans sa vie la littérature, celle qu'il lit autant que celle qu'il fait: «Elle est pour moi la forme vivante de mon engagement métaphysique.»

Nouveau coup d'épée dans un «combat spirituel» loin d'être gagné d'avance, il s'offre, avec Discours parfait, un troisième volume de textes recueillis, suite forcément «logique» de La Guerre du goût et d'Éloge de l'infini (Gallimard, 1994 et 2001). Des textes déjà parus dans L'Infini, la revue que dirige l'écrivain chez Gallimard, ou dans Le Nouvel Observateur, quel-ques préfaces, de nombreux entretiens où Sollers s'étend notamment sur son expérience de l'écriture, sur Mai 68 ou sur l'antisémitisme.

Toujours aussi obstiné, tourbillonnant, content de lui, Sollers reprend, à l'oreille, quelques-uns de ses airs préférés: arts, beauté, liberté et connaissance, Éros, le XVIIIe siècle français, la résistance active face à la persistante dépression sociale et à son corollaire, la frénésie tentaculaire du contrôle.

Une injonction à lire ou à relire Montaigne, Nietzsche, Shakespeare, Céline, Joyce, Rimbaud ou Proust. Un groupe d'esprits libres, puissants, férocement individualistes, auquel, par association, sans gêne, Sollers revendique du même coup son appartenance. Une charge brillante et livrée avec style, quand même, à travers laquelle il nous donne à lire sans la moindre ambiguïté son credo renversé: «Il faut douter de tout. Je ne crois à rien.»

***

DISCOURS PARFAIT
Philippe Sollers
Gallimard
Paris, 2010, 922 pages

***

Collaborateur du Devoir
 
1 commentaire
  • Geoffroi - Inscrit 21 février 2010 18 h 09

    Vrai doute

    « Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire. »

    Bouddha