Livres - Jeunesse d’aujourd’hui

Illustration de Michel Rabagliati, tirée de La Littérature pour la jeunesse 1970-2000, sous la direction de Françoise Lepage, publié chez Fides.
Photo: Illustration de Michel Rabagliati, tirée de La Littérature pour la jeunesse 1970-2000, sous la direction de Françoise Lepage, publié chez Fides.

Le Québec, terre des festivals, aura son premier Festival du livre jeunesse de Laval. Il se tiendra au Collège Montmorency du 28 mai au 1er juin prochain. Déjà, plus de 8000 inscriptions de jeunes des régions de Laval, de Montréal, des Laurentides et de Lanaudière sont confirmées. Attention, 8000 jeunes qui lisent, ça risque de faire du bruit!

Le dernier-né des festivals de littérature a lieu au moment où vient de paraître, chez Fides, un ouvrage savant retraçant l’itinéraire des trente dernières années de littérature pour la jeunesse au Québec. Inutile de dire que beaucoup de chemin a été parcouru. Sous la direction de Françoise Lepage, ce tome XI des Archives des lettres canadiennes est une publication du Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa.
Dix-sept spécialistes signent quatorze articles répartis en deux sections: la première partie présente les divers types de livres pour la jeunesse et étudie quelques genres littéraires (science-fiction, bande dessinée et adaptations théâtrales) et la seconde partie analyse l’oeuvre de sept écrivains. Une annexe statistique et une imposante bibliographie de la critique de 1970 à 2000 et des sources consultées pour chaque article complètent l’ouvrage.

Des albums
Les jeunes festivaliers de Laval auront une belle panoplie d’albums à se mettre sous les yeux. Le genre a évolué considérablement au cours des quinze dernières années. Au milieu des années 1980, la production d’albums avait en effet baissé au point qu’on ne trouvait que quelques éditeurs audacieux pour oser s’attaquer à cette fabrication onéreuse. Comme le rapporte Françoise Lepage dans son article «L’image dans l’album pour enfants», les changements de mentalité, la conception qu’on se fait de l’enfant et la sophistication entre le texte et l’image ont contribué à des transformations intéressantes dans l’édition d’albums pour petits. L’image n’est plus un simple accessoire et on voit même des livres sans texte ou presque, comme L’Écharpe rouge d’Anne Villeneuve, complètement libérés d’une dépendance au texte. Il est dommage que, dans le livre, les figures suivant cet article ne donnent que le nom des auteurs des albums en omettant celui des illustrateurs!
Un autre texte, «Traces postmodernes dans les mini-romans et premiers romans», recense l’ensemble de la production de ce type de volumes. Ces romans se sont développés dans l’édition québécoise des années 1990. Quant aux romans pour adolescents, Monique Noël-Gaudreault, de l’Université de Montréal, traite de neuf titres presque tous écrits au «je». La conclusion de Claire Le Brun, dans «La science-fiction au féminin», affirme que ce genre se distingue par son refus du pessimisme.
L’article sur le panorama de la bande dessinée québécoise n’intéressera pas que les passionnés du genre. Deux autres articles, l’un sur l’adaptation des genres littéraires pour le théâtre jeunesse — qui ne figurent dans la programmation des compagnies de théâtre que depuis les années 1980 — et l’autre sur la censure, avec plusieurs témoignages d’auteurs et d’éditeurs, complètent cette première partie.
La seconde partie de l’ouvrage analyse de façon approfondie les textes de six écrivains reconnus au Québec et d’un auteur francophone de l’Ontario. Pourquoi ce choix? Des auteurs importants sont absents et les quelques titres de Doric Germain sont inconnus des jeunes lecteurs québécois. Quand on veut faire du Canada français le lieu d’une seule littérature, des déséquilibres s’établissent et frisent le ridicule...
L’annexe d’Édith Madore sur le panorama de la situation actuelle de la littérature d’enfance et de jeunesse québécoise, exprimée sous forme de tableaux, de résumés et de chiffres réels, est une référence indispensable aux gens du milieu. De plus, ce rapport rétablit enfin des vérités sur les parutions, la durabilité des livres jeunesse en librairies et l’exportation de nos livres.
Plusieurs auteurs de ce collectif seront présents au colloque qui donnera le coup d’envoi au Festival du livre jeunesse de Laval le 28 mai prochain de 9h à 16h30 avec comme invité d’honneur Pierre Bruno, maître de conférence à l’Université de Bourgogne, en France, et spécialiste de la littérature pour la jeunesse. Six interventions suivies d’une période de discussion rempliront cette journée qui se terminera par le vernissage de l’exposition d’illustrations.
Les jours suivants, c’est sous le thème «La lecture donne des ailes!» que les jeunes participeront à une quarantaine d’activités dont des rencontres avec des auteurs, des bédéistes et des illustrateurs, des jeux-questionnaires, des rallyes littéraires, etc. Un hall d’exposition présentera les livres de 77 éditeurs, des oeuvres d’illustrateurs, des livres écrits et illustrés par les jeunes, des organismes et associations liés à la promotion de la littérature ainsi que les séances de signatures habituelles dans ces rencontres.

Coordonnées
Au Collège Montmorency du 29 mai au 1er juin 2003
465, boul. de l’Avenir, Laval
téléphone: (450) 978-3985
télécopieur: (450) 688-2229
Heures d’ouverture du festival: les jeudi, vendredi et samedi de 9h
à 21h; le dimanche de 9h à 16h.
Coût d’entrée: gratuit pour les
enfants de 0 à 17 ans; 5 $ pour les adultes.

Mercredi 28 mai
Colloque pour tous les professionnels du livre (sur inscription)
65 $, le repas et le cocktail compris

La Littérature pour la jeunesse 1970-2000
Sous la direction de Françoise Lepage
Fides, coll. «Archives des lettres canadiennes»
Saint-Laurent, 2003, 350 pages