Correspondance Yourcenar-Supervielle - Un petit livre qui en dit long

Les passionnés de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar seront heureux d'apprendre que les éditions Gallimard viennent de publier la correspondance demeurée jusqu'ici inédite entre l'auteure des Mémoires d'Hadrien et la traductrice en espagnol de ses poèmes (Les Charités d'Alcippe) et de son théâtre, Silvia Baron Supervielle.

Entamée en 1980 lorsque la jeune écrivaine originaire d'Argentine envoie à Yourcenar quelques-uns de ses poèmes qu'elle a traduits, cette correspondance se poursuit jusqu'en 1987, quelques mois avant la mort de la romancière française. Il y est surtout question de traduction — Yourcenar a elle-même beaucoup traduit, y compris Virginia Woolf, James Baldwin et Mishima —, d'écrivains hispanophones — dont Borges, que Yourcenar découvre vraiment alors et sur lequel portera un de ses derniers essais — et de la vie quotidienne de la vieille dame à Petite Plaisance, son refuge de Northeast's Harbor, à Mount Desert Island, dans le Maine.

Ces quelques dizaines de lettres, dont le ton devient plus chaleureux après la rencontre des deux correspondantes à l'été 1983, sont précédées d'un portrait intimiste et émouvant de l'écrivaine en exil sur son île par Supervielle et suivies d'une postface d'Achmy Halley, un spécialiste de l'oeuvre de Yourcenar, qui explique le contexte de cette amitié littéraire, ainsi que l'importance de la correspondance dans l'oeuvre de l'académicienne. Un petit livre qui en dit long...

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