En bref - Gilles Leclerc, inquisiteur

Dans le deuxième d'une série de trois tomes de pensées, de notes et d'aphorismes tirés de ses carnets intimes — tenus cette fois en 1956 et 1957 —, Gilles Leclerc, l'auteur du Journal d'un inquisiteur, décédé en 1999, y poursuit à petites touches son réquisitoire presque général.

Son énergie de révolté péremptoire «né en pays maudit» paraît inépuisable pour dénoncer tout ce qui l'irrite. Sa misanthropie, sa haine de soi («J'écris pour moi — et contre moi»), ses couplets bilieux déclinés sur l'air du «Québec me tue», sa détestation quasi obsessive de la politique, des politiciens, et même de la démocratie, semblent ici sans limites et se mêlent à sa «honte» de devoir gagner sa vie comme rédacteur sportif à Radio-Canada. Des pages lourdes et tendues où la lucidité s'oppose au malheur personnel.