Tit-Coq en images

Générale des Fridolinades en 1942: Gratien Gélinas avec Amanda Alarie et Juliette Huot
Photo: Archives personnelles de l'auteure Générale des Fridolinades en 1942: Gratien Gélinas avec Amanda Alarie et Juliette Huot
Colligé par Anne-Marie Sicotte, la belle-fille de Gélinas et auteure de sa biographie, Gratien Gélinas en images retrace le parcours de ce «p'tit comique» de chez nous à la stature de géant, qui ouvrit la voie à plusieurs générations de dramaturges après lui.

Nourrie par de nombreuses photos de famille, lettres personnelles, télégrammes et autres témoignages historiques hérités de Gratien Gélinas, cette biographie en images expose au grand jour les forces et fragilités de ce passionné au tempérament bouillant, souvent ébranlé dans ses convictions.

On le découvre d'abord enfant, au sein d'une famille bousculée par la relation houleuse que vivaient ses parents. Puis jeune étudiant, à la faveur des tout premiers clichés croqués de ses premiers pas au théâtre, qui le distrairont de ses malheurs familiaux.

Les années 30 seront celles de la radio. Gélinas aiguise son talent de comique, notamment en créant le personnage de Fridolin, né dans le cadre de l'émission Le Carrousel de la gaieté. Déjà archipopulaire, le personnage archétypal du petit Canadien connaît la réelle célébrité en 1939, lors de la création sur scène de Fridolinons 39. Toute une série de photos témoignent de la frénésie qui entoure alors le personnage, reporté sur scène lors de chaque revue de fin d'année.

En pleine guerre mondiale, on décèle un Gratien Gélinas soudainement tourné vers le cinéma, qui immortalise sur pellicule Fridolinons 43. Puis l'après-guerre voit naître le mythique personnage de Tit-Coq, autre héros national, qui partira à la conquête de Broadway, créant l'histoire et l'émoi partout au Québec.

Ce passage mitigé à New York, où la revue sera retirée après trois soirs, marquera le début d'une descente aux enfers pour Gélinas, qui n'en émergera qu'en 1956, lors du retour inespéré des Fridolinades en 1956. L'année 1969 le montre de retour sur les planches, à la faveur d'une odyssée shakespearienne qui le mènera de Stratford à Londres. Ragaillardi, Gélinas renoue avec le succès dans Un simple soldat, de Marcel Dubé, puis signera Bousille et les justes.

On peut suivre ainsi au gré des photos de famille les traces de Gélinas jusqu'au soir de sa vie, passée en compagnie d'Huguette Oligny, puis seul dans son éternel refuge d'Oka. Une vie en kaléïdoscope que nous offre ici en images sa biographe, déjà auteure de Gratien Gélinas. La ferveur et le doute, un livre réédité ces jours-ci chez Typo en format poche.