Un prix littéraire français pour la romancière québécoise Christine Eddie

Paris — La saison des prix littéraires bat son plein en France, où plusieurs petites récompenses sont attribuées chaque semaine, en marge des plus prestigieuses comme le Goncourt ou le Renaudot, décernés en novembre. La romancière québécoise Christine Eddie vient d'en remporter une: il s'agit du prix Senghor du premier roman francophone, qui lui a été accordé hier pour Les Carnets de Douglas.

Ainsi nommé en souvenir du poète-président sénégalais, le prix Léopold Sedar Senghor a été créé il y a trois ans par le Salon du livre de La Plume noire, qui célèbre chaque automne à Paris la littérature « du monde noir et des pays francophones ».

Publié chez Alto au Québec et chez Héloïse d'Ormesson en France, Les Carnets de Douglas avait remporté le prix France-Québec l'année dernière. À leur tour, les membres du jury du prix Senghor, parlant d'un « excellent roman », ont voulu récompenser « un livre d'une grande authenticité, qui met en scène une histoire d'amour entre un homme et une femme, entre un enfant et ses parents adoptifs, entre l'homme et la nature ».

« Le livre, à la langue très poétique et dont l'histoire se déroule dans la forêt canadienne, pose la question du modèle familial et de la transmission des valeurs », a souligné le jury.

Née en France, Christine Eddie a grandi en Acadie et vit au Québec. Avec Les Carnets de Douglas, elle signait son premier roman. Jusque-là, elle avait publié quelques nouvelles, reçu au Québec le prix Arcade au féminin, remporté le Concours de nouvelles XYZ et écrit un livre pour la jeunesse intitulé La Croisade de Cristale Carton.

La vedette québécoise de la course aux prix littéraires est Dany Laferrière, pour son roman L'Énigme du retour, que la critique a unanimement salué. L'écrivain, édité par Grasset en France et Boréal au Québec, est en lice pour cinq récompenses: le Médicis, le Femina, le Prix décembre, le Prix France Télévision et le Wepler (où figure aussi Catherine Mavrikakis, pour Le Ciel de Bay City).

L'écrivain anglophone Neil Bissoondath, qui vit et enseigne à Québec, est par ailleurs candidat au prix Femina étranger pour Cartes postales de l'enfer, publié chez Phébus en France et Boréal au Québec.

Le prix Senghor, précisent ses promoteurs, s'est donné pour objectif de « distinguer des écrivains d'expression française débutants ayant réussi à créer "des oeuvres de beauté", chargées d'humanité, expressives d'un langage neuf et d'harmonies originales ».

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