Une enquête de l'Observatoire de la culture et des communications - Le dur métier d'écrivain

C'est ce que montre une récente enquête menée par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec et partiellement subventionnée par la Bibliothèque nationale du Québec. Les enquêteurs se sont adressés à 768 écrivains et leur taux de réponse a été de 72,5 %. Ces écrivains avaient tous publié au moins deux livres, dans la catégorie des romans, des nouvelles, des essais ou de la poésie.

Il faut dire que les revenus dits de plume prennent des formes variées. Des droits de prêt public, qui agissent comme une compensation à l'emprunt des oeuvres en bibliothèques, et qui tournent autour de 200 $ par année, aux droits d'adaptation cinématographique, qui sont beaucoup plus importants, il y a en effet un monde. Quant aux droits d'auteur liés à la vente de livres proprement dite, si on sait que 91 % des écrivains en reçoivent, l'enquête ne les quantifie pas. Ils varient évidemment selon le nombre de livres vendus.

Fait à noter, l'enquête révèle que 19,3 % des écrivains québécois perçoivent des droits de traduction, ce qui dénote un certain intérêt pour la littérature québécoise, au Canada anglais ou ailleurs dans le monde.

Selon M. Roy, président de l'Union des écrivains du Québec, il se pourrait, même si cette enquête ne le prouve pas par des chiffres, que les écrivains d'aujourd'hui gagnent moins d'argent pour leur activité littéraire que ceux d'autrefois. Cette situation pourrait être reliée au fait que les éditeurs québécois publient beaucoup plus de livres que par le passé, ce qui inonde en quelque sorte le marché.

L'enquête s'est aussi penchée sur les diverses sources de revenus des écrivains, en dehors de l'écriture.

Aussi, l'enquête montre que les écrivains, pris dans leur ensemble, ont des revenus supérieurs à la moyenne de la population. Les résultats indiquent en effet que 25 % des hommes écrivains gagnent plus de 60 000 $ par année. Cette constatation n'est cependant pas valable pour les femmes écrivains. En effet, plus de 25 % de celles-ci gagnent entre 15 000 $ et 29 999 $ par année, tandis que 25 % d'entre elles gagnent moins de 15 000 $ par année.

L'enquête a également détaillé les gains réalisés par les écrivains pour des activités liées à l'écriture. On sait donc que 87,4 % ont tiré des revenus d'une activité liée à l'écriture; ces activités vont de la lecture publique, pour 69,7 % des écrivains, aux activités de journalisme, pratiquées par 27,7 % des écrivains, aux ateliers de création littéraire (26,9 %), à l'enseignement de la littérature (23,3 %) et à la rédaction de textes pour le cinéma, la radio et la télévision (20,5 %). Si l'on répartit les écrivains selon leur catégorie socioprofessionnelle, on en retrouve une forte proportion parmi le personnel professionnel des arts et de la culture (32,5 %) et parmi les enseignants (32,5 %).

L'ensemble de ces données a mené le président de l'Union des écrivains du Québec à s'interroger sur le métier de l'écrivain. Il semble en effet, si l'on se fie aux données statistiques, que plus les écrivains consacrent de temps à l'écriture, moins leurs revenus sont élevés.

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