Littérature étrangère - Qui suis-je?

Daniel Mendelsohn mène une double existence. Parfois c'est dans une petite maison d'un quartier paisible de banlieue, en compagnie d'une femme et d'un jeune enfant. Parfois aussi, dans un appartement situé à deux pas du quartier homosexuel de New York, dont il sait profiter de tous les plaisirs.

À ceux qui s'en étonneraient — une réaction sans aucun doute normale —, L'Étreinte fugitive pourra ressembler à une longue tentative d'explication. Un exercice qui, à défaut d'élucider complètement le sujet, soulève d'autres bonnes questions liées, notamment, au regard, à l'image de soi et à la construction de l'identité.

Professeur de lettres classiques, traducteur de grec ancien, collaborateur au New York Magazine et à la New York Review of Books, Mendelsohn préfère nager en profondeur. Son livre précédent, Les Disparus (Flammarion), une minutieuse enquête pour venir à bout de secrets familiaux liés à l'histoire de la Shoah, a obtenu le prix Médicis et a été élu «meilleur livre de l'année» par le magazine Lire. L'Étreinte fugitive, écrit et paru aux États-Unis quelques années avant Les Disparus, est la première partie d'un triptyque qu'il lui reste à terminer.

De par ses origines juives — des récits de Shoah et d'émigration ont accompagné toute son enfance —, d'une part, mais aussi en raison de sa propre homosexualité, Mendelsohn nous raconte qu'il est obsédé depuis toujours par les histoires familiales, les secrets et les mensonges, les relations entre le présent et le passé.

«Ce n'est pas facile, ce n'est pas confortable, ce n'est pas ainsi que vous aviez cru que les choses seraient.» Mais c'est comme ça, poursuit Daniel Mendelsohn qui, au-delà de la réflexion éminemment personnelle qu'il propose sur la beauté, sur la vie réussie, sur l'homosexualité masculine et sur ce qu'il y a de plus intime en chacun de nous, livre ici le témoignage d'une expérience singulière de la paternité.

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L'ÉTREINTE FUGITIVE

Daniel Mendelsohn

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Guglielmina

Flammarion

Paris, 2009, 284 pages