Le Ciel de Bay City, de Catherine Mavrikakis - Les collégiens ont eu un coup de coeur pour une oeuvre intense

Catherine Mavrikakis, l’écrivaine primée par les collégiens
Photo: Catherine Mavrikakis, l’écrivaine primée par les collégiens

Une oeuvre exigeante qui traverse les époques a fait chavirer le coeur des collégiens du Québec. Hier, à l'occasion de la remise du septième Prix littéraire des collégiens au Salon international du livre de Québec, ils ont couronné Catherine Mavrikakis pour son roman Le Ciel de Bay City publié aux Éditions Héliotrope. Le jury a souligné l'originalité du traitement du thème de l'Holocauste, perçu comme un facteur d'espoir pour l'avenir.

Les 700 collégiens, issus de 43 cégeps et d'un lycée marseillais, ont décerné le prix à Catherine Mavrikakis après de longues et âpres discussions. Parmi les cinq livres sélectionnés par une équipe composée de critiques du Devoir, de l'Union des écrivains du Québec et du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture du Québec (CRILQ), tous partenaires du prix, les étudiants avaient la lourde tâche de dénicher la perle rare.

C'est entre Le Ciel de Bay City et Champagne de Monique Proulx, édité chez Boréal, que la lutte a été la plus serrée. D'un côté, une maison de tôle sur Veronica Lane à Bay City accueille deux soeurs qui ont quitté l'Europe et la dévastation de la guerre pour l'Amérique. Le Ciel de Bay City dresse un réquisitoire contre l'indifférence du ciel à l'endroit de la souffrance humaine. De l'autre, un lac mythique, une forêt inaltérée, une histoire sur la vie qui s'échappe et une question: la beauté réussira-t-elle à sauver le monde? Les étudiants, passionnés et volubiles, ont tranché tout en soulignant le travail de toutes les auteures sélectionnées: Francine Noël pour J'ai l'angoisse légère (Leméac); Mégot, mégot, petite mitaine de Johanne Alice Côté (Éditions Triptyque) et Un enfant à ma porte de Ying Chen (Boréal).

Émue, Catherine Mavrikakis, professeure de littérature à l'Université de Montréal, s'est félicitée de la sensibilité d'une nouvelle génération de lecteurs. «C'est symboliquement très important que ces jeunes, qui n'ont aucun rapport avec la Deuxième Guerre mondiale, soient intéressés par cette période de l'Histoire.» À 20 ans, l'âge de l'intensité, les collégiens ont choisi un livre intense. Mais pour Olga Duhamel des Éditions Héliotrope, quel que soit le roman couronné, le Prix littéraire des collégiens est surtout fondamental parce qu'il donne envie de lire.

Soutenu par la Fondation Marc Bourgie, le Prix littéraire des collégiens est doté d'une bourse de 5000 $. La lauréate n'a cependant pas été la seule à repartir les bras chargés de cadeaux. Cinq étudiantes ont reçu un abonnement au Devoir tandis que trois autres ont partagé une bourse d'étude de 2500 $ avec deux de leurs comparses masculins. C'est finalement un garçon qui ira passer une semaine de vacances en Bretagne, grâce au Consulat général de France à Québec.

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