L'écrivain français d'origine russe Maurice Druon est mort

Photo prise le 22 octobre 2007 de l’écrivain Maurice Druon à sa sortie du palais de l’Élysée, à Paris.
Photo: Agence France-Presse (photo) Photo prise le 22 octobre 2007 de l’écrivain Maurice Druon à sa sortie du palais de l’Élysée, à Paris.

Paris — L'écrivain et académicien français d'origine russe Maurice Druon est mort hier à l'âge de 90 ans, a annoncé à l'AFP l'historienne et politologue Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française. Il est décédé à son domicile à Paris, a précisé Mme Carrère d'Encausse.

M. Druon était notamment connu au Québec pour ses prises de position contre la féminisation des titres, telle qu'employée ici, et qu'il avait qualifié d'«absurde». M. Druon avait décrété il y a quelques années que les Québécois s'exprimaient dans un «parler pittoresque», soit une langue née à une époque où les règles de français n'étaient pas encore fixées.

Proche du général de Gaulle, Maurice Druon était né à Paris le 23 avril 1918 d'un père russe originaire d'Orenbourg (sud de l'Oural).

Résistant à l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, il a composé avec l'écrivain Joseph Kessel Le Chant des partisans, hymne des maquisards.

Ministre de la Culture au début des années 1970, il a consacré une grande partie de sa carrière à la défense de la langue française.

À l'époque soviétique, ses livres, notamment Les Rois maudits, évocation en sept volumes des derniers Capétiens, comptaient parmi les ouvrages littéraires étrangers autorisés en URSS.

Maurice Druon avait reçu en 1948 le prix Goncourt, le plus prestigieux prix littéraire français, pour son ouvrage Les Grandes Familles. Il avait été élu à l'Académie française en 1966.

«C'était un ami très proche, c'est une perte immense pour l'Académie», a dit à l'AFP Mme Carrère d'Encausse, elle-même d'origine russe. «Il était la mémoire de l'Académie», a-t-elle ajouté.

Le président français Nicolas Sarkozy a rendu hommage au «grand écrivain, grand résistant, grand homme politique, grande plume et grande âme».

«Maurice Druon restera avant tout dans l'Histoire comme celui qui a écrit Le Chant des partisans, avec son oncle Joseph Kessel. Il a risqué sa vie en résistant, et cette flamme, cette passion de la France et de la liberté, ne l'a jamais quitté», souligne dans un communiqué M. Sarkozy.

«Il a mis son talent et son énergie au service de la culture française, de la langue française. Très tôt, il a compris le pouvoir de la télévision, et la nécessité d'en faire un média d'éducation et de culture populaire», déclare encore M. Sarkozy.