Deuxième fournée d'une mère indigne

Il y a deux ans, après la publication d'un premier tome qui a décroché maints honneurs, Caroline Allard faisait ses adieux à la blogosphère pour plancher sur sa thèse de philo. Il faut croire que les tribulations de sa ménagerie lui ont chatouillé la plume puisqu'elle s'est vite mise à machiner (dans un secret pas très bien gardé) sur son Trash indigne, nom de son deuxième blogue.

Au final, la blogueuse a pondu un petit frère à son premier recueil. Ce deuxième volet des Chroniques d'une mère indigne navigue toujours dans les mêmes eaux, tirant des extraits bien choisis de sa version cybernétique, de capsules radiophoniques et le truffant même de quelques inédits. Sauf que cette fois-ci, la progéniture a grandi.

Fille aînée se pratique à danser nue tandis que Bébé, au discours plus articulé («Maman, ma trouve pas mes suyiers de picesse, ma. Pi-ti-aider, ma? Si ti plaît?») découvre le corps humain (et le «zizi-pénis» de Mathis) ainsi que les couleurs (le brun). Probablement le personnage le plus réussi d'Allard, après Mère indigne, son alter ego. Les dessins d'Annie Bélanger viennent orner les pa-ges du carnet, un ajout qui créé un rappel de l'univers de la blogosphère et qui se fond aux ambiances déjà fort imagées de l'auteure; on ressent presque le tonic pétiller dans ses cocktails. Une suite juste assez sucrée et bien acidulée, qui amènera bien des disciples autour du papier, s'ils ne sont pas déjà scotché à sa Webtélé radiocanadienne.

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Les Chroniques d'une mère indigne 2

Caroline Allard

Éditions du Septentrion,

collection «Hamac-Carnets»

Québec, 282 pages