30e Salon du livre de l'Outaouais - Marc Bressant est invité d'honneur

Il a été diplomate en même temps qu'il était écrivain, mais sous deux noms différents. Aujourd'hui, il signe toujours ses livres du nom de Marc Bressant, alors que dans la vie, il s'appelle Patrick Imhaus.

«Dans notre ministère, en principe, quand on publiait quelque chose sous son nom, il fallait le faire relire par le directeur du personnel. Alors, tout le monde a pris l'habitude de signer avec un pseudonyme, même si tout était transparent», dit, joint à Paris, Patrick Imhaus, invité d'honneur du Salon du livre de l'Outaouais, qui s'ouvrira à Gatineau le 26 mars prochain.

Cette remarque donne d'ailleurs le ton de son dernier livre, intitulé La Dernière Conférence, publié aux Éditions de Fallois, qui lui a valu le Grand Prix 2008 du Roman de l'Académie française.

La Dernière Conférence, c'est un roman relatant une conférence imaginaire de l'ONU durant la chute du mur de Berlin, en 1989. S'y mêlent intrigues personnelles et diplomatiques, et une bonne dose de dérision envers la diplomatie en général.

«J'avais envie de raconter ce qui se passait», dit l'auteur qui s'intéressait aussi de près à cette époque de «basculement du monde», au cours de laquelle, contre toute attente, le bloc de l'Est s'est effondré.

En fait, le livre s'ouvre sur la certitude que le conflit de la guerre froide est installé pour la nuit des temps, certitude partagée par l'ensemble des participants à cette conférence de l'ONU, qui se déroule à Londres, près de Downing Street. Puis, tout d'un coup survient l'impensable, de la pérestroïka de Gorbatchev à la destruction du mur de Berlin qui avait séparé l'Europe en deux depuis plusieurs décennies.

Auparavant, «les frontières de ces deux camps étaient protégées par des dizaines de milliers de têtes nucléaires», rappelle-t-il, pour souligner l'ampleur de l'événement.

Près de deux décennies plus tard, l'ancien diplomate constate cependant que l'ère nouvelle qui s'est imposée depuis cette date n'est pas du tout le paradis annoncé par certains.

«Ce que j'ai essayé de montrer dans ce livre, c'est qu'on sort à peine d'une tragédie que déjà se profilent d'autres problèmes», dit-il. Parmi la liste des problèmes qui ont succédé à la fin de la guerre entre l'Est et l'Ouest, il cite l'émergence des nationalismes et des intégrismes, et la crise économique qui sévit présentement partout dans le monde. «Est-ce que c'est mieux?» on ne le sait pas. Mais le diplomate affirme pourtant qu'«on ne peut pas regretter ce monde bipolaire» qui a divisé la planète durant tant d'années.

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Le Salon du livre de l'Outaouais, du 26 au 29 mars 2009

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