Les 100 ans de Gabrielle Roy

Gabrielle Roy
Photo: Gabrielle Roy

Il y a 100 ans, ce dimanche, Gabrielle Roy naissait, rue Deschambault, dans une petite communauté franco-manitobaine de Saint-Boniface. C'est là qu'elle apprit la langue française qui la rendit célèbre. Elle reviendra d'ailleurs à ces lieux de son enfance dans le livre Rue Deschambault, qui marque son passage à l'autobiographie et qu'elle publiera, au Québec, des années plus tard.

Car c'est bien au Québec que la femme de lettres publiera son premier roman, Bonheur d'occasion, qui lui valut un succès immédiat. Plus tard, elle ira passer ses étés dans le village de Petite-Rivière-Saint-François, dans la région de Charlevoix. Elle y était encore aux derniers moments de sa vie, avant de mourir de problèmes cardiaques en 1983.

Selon Jean-Claude Bouchard, de la Société d'histoire des riverains de Petite-Rivière-Saint-François, c'est d'ailleurs le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François qui lui a inspiré le livre La Montagne secrète, et l'écrivaine s'était battue farouchement, en vain, contre son développement en centre de ski alpin.

Aujourd'hui, la maison d'été de Gabrielle Roy, dans le village, est gérée par la fondation qu'elle a elle-même créée, dans le but d'offrir des résidences aux écrivains. Un petit musée lui est consacré dans une maison voisine. Quant à la maison où elle est née, à Saint-Boniface, elle a elle aussi été transformée en musée et est ouverte aux visiteurs.

Tout le long de l'année, des activités célébrant l'anniversaire de naissance de la femme au regard bleu se poursuivront. Au Québec, un colloque intitulé Gabrielle Roy et l'art du roman sera organisé au mois d'octobre 2009 à l'Université McGill, notamment par son biographe, François Ricard. On visera à mettre en lumière «la poétique romanesque de Gabrielle Roy et ce qu'on pourrait appeler sa conscience de romancière». Bibliothèque et Archives nationales du Québec tiendra une exposition sur l'écrivaine. À l'occasion du centenaire, les Éditions du Boréal publieront aussi cet automne une édition spéciale dite du centenaire, en tirage limité numéroté, de l'ensemble de l'oeuvre, les premiers titres à venir étant Bonheur d'occasion et La Petite Poule d'eau. À Saint-Boniface, les Éditions du Blé doivent publier un recueil d'essais sur Gabrielle Roy. Au Festival international des films sur l'art, on projettera dimanche le documentaire Et si cette femme pouvait parler, de Marcel Collet, à la Cinémathèque québécoise, suivi d'une table ronde avec Monique Proulx et François Ricard. Sophie Faucher présentera aussi dimanche des extraits de son oeuvre à la bibliothèque Gabrielle-Roy de Québec.

De son côté, la maison de la culture Marie-Uguay s'apprête à souligner l'anniversaire, rappelant que c'est le quartier de Saint-Henri de Montréal qui a inspiré la première oeuvre de l'écrivaine. Au début des années 1940, Gabrielle Roy habite en effet sur le boulevard Dorchester, près de la rue Greene. Au hasard d'une promenade, elle se retrouve dans la rue Saint-Ambroise, dans le quartier pauvre de Saint-Henri, qui deviendra le théâtre de Bonheur d'occasion, où la jeune Florentine, serveuse au restaurant Quinze cents, tombe amoureuse de l'ambitieux Jean.

À voir en vidéo