L'écrivain américain John Updike est mort

Le prolifique écrivain américain John Updike, qui a dépeint avec humour l’Amérique des petites villes et des banlieues, est mort hier à l’âge de 76 ans.
Photo: Agence France-Presse (photo) Le prolifique écrivain américain John Updike, qui a dépeint avec humour l’Amérique des petites villes et des banlieues, est mort hier à l’âge de 76 ans.

L'écrivain américain John Updike est mort hier à l'âge de 76 ans, d'un cancer du poumon. Deux fois lauréat du prix Pulitzer, John Updike a d'abord été journaliste au New Yorker avant de connaître la célébrité avec sa série Rabbit, présentant les aventures de Harry Rabbit Angstrom, qui «décide de fuir son foyer pour tenter d'échapper à la médiocrité de son existence».

Après Coeur de lièvre, le premier titre, publié en 1960, Updike publie Rabbit rattrapé, dans lequel Rabbit revient chez lui et s'accommode de son insatisfaction en devenant riche, puis Rabbit est riche et Rabbit en paix, où le personnage principal trouve la mort. Ce sont les deux derniers tomes qui lui ont valu chacun un prix Pulitzer, respectivement en 1982 et 1991.

Auteur de près de 60 livres, des romans mais aussi de la poésie, des essais, des critiques littéraires et des nouvelles, Updike a publié certaines oeuvres controversées, dont Terroriste, qui présentait l'image d'un Américain musulman de 18 ans dégoûté de l'Amérique et succombant au discours d'un imam. Terroriste a été publié en 2006, soit cinq ans après les attentats du 11-Septembre 2001 aux États-Unis.

En 1984, son roman Les Sorcières d'Eastwick, qui sera aussi porté à l'écran, lui vaut de nombreuses critiques des féministes, et en 1968, son roman Couples, traitant des échanges sexuels survenant entre une dizaine de couples, fait scandale.

«L'Amérique qui se présente automatiquement à mon imagination est un pays semi-rural où la radio, le téléphone, le cinéma sont des nouveautés et où les spectres de la moralité protestante exercent encore une forte influence», avait expliqué Updike en 2005 à l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur.

Né le 18 mars 1932 en Pennsylvanie, il laissera la mémoire d'un narrateur «caustique de la vie des Américains moyens dans les petites villes ou les banlieues de l'Est américain». «Mon sujet préféré est la petite ville américaine protestante», avait-il aussi dit à Life en 1966. «Ce sont dans les univers moyens que les extrêmes s'affrontent, que l'ambiguïté règne complètement.» Il était «profondément chrétien», dit-on, bien qu'il se soit dit réjoui, «au cours des 50 dernières années, du recul du puritanisme dans le domaine des lois, des moeurs et des modes féminines».

Plus récemment, dans une entrevue au New York Times, Updike réaffirmait sa confiance en Barack Obama, qu'il disait prêt à comprendre et à venir en aide aux «perdants» de ce monde.

Un représentant de sa maison d'édition a déclaré hier: «Il était l'un de nos plus grands auteurs et nous manquera cruellement.»

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Avec AFP, Reuters, et le New York Times

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