Pas forte, l'ADQ

Mario Dumont, le chef de l’ADQ
Photo: Jacques Nadeau Mario Dumont, le chef de l’ADQ

Si l'idéologie de l'Action démocratique du Québec vous irrite, vous apprécierez L'ADQ, le bêtisier!, un amusant recueil des âneries proférées par les membres de ce parti depuis quelques années. Réalisée par le romancier Jacques Côté, auteur salué de polars et militant souverainiste et social-démocrate de la région de Québec, cette collection de sottises adéquistes vise à mettre en évidence «l'amateurisme et l'insignifiance de ce parti», de même que son populisme crasse.

Côté s'inquiète du programme adéquiste en santé qui menace l'universalité du système, il brocarde une vision «autonomiste» pétrie de «contorsions», il s'en prend aux «X» qui méprisent le social au profit de l'individualisme, dénonce «la xénophobie de plusieurs adéquistes» et les qualifie, enfin, d'«illettrés».

«Sur la culture? Je n'en ai aucune idée au moment où on se parle», déclare par exemple Raymond Francoeur, avant d'être élu député de Portneuf. «La grammaire, la syntaxe ont été abolites avec la réforme», se scandalise maladroitement François Desrochers, porte-parole adéquiste en éducation. «Il faut encourager la natalité sinon les ethnies vont nous envahir», explique Christian Raymond, candidat dans Mirabel, qui sera finalement rejeté par Dumont. «Il vaut mieux se taire et avoir l'air niaiseux que parler et prouver qu'on l'est», comme disait l'autre, c'est-à-dire Hubert Benoit, député adéquiste de Montmorency. Dumont, semble-t-il, est bien d'accord avec lui puisqu'il ferait taire, s'il faut en croire Côté qui cite quelques témoignages en ce sens, tous les militants qui ne partagent pas ses points de vue.

Au passage, Côté harponne aussi VLB, qui, «viré capot adéquiste» en 2007 avant d'aller voir ailleurs, saluait «la verdeur et le génie de la langue québécoise [de Jeff] Fillion». «Gunbitch de gunbitch, réagit Côté, je crée bin qu'y aura mieux fait de s'farmer l'mâche-patates en hostie toastée des deux bords avant de quitter les bleus du ciel péquiste. Mais comme y dit, tu l'sais jamais avant, tu l'sais après. De par devers toi, reste calme pis déguidine à trente arpents des micros.» Il y a, en effet, une limite à dire n'importe quoi.

Mal organisé, brouillon, conçu de toute évidence à la va-vite, ce petit bêtisier, qui formule le souhait «que l'ADQ rejoigne le Parti créditiste, le Parti égalité et l'Union nationale dans le cimetière des partis enterrés à jamais», n'en reste pas moins amusant et révélateur de l'indigence politique du populisme à la québécoise.

***

Collaborateur du Devoir

***

L'ADQ, le bêtisier !

Jacques Côté

Éditions du Québécois

Québec, 2008, 126 pages

À voir en vidéo