Pamphlet - Haro sur le sport

Un certain Gustav Caroll, dont on ne nous dira pas s'il est «anthropologue ou borgne, ou Viennois», signe un pamphlet intitulé Contre le sport (Anabet, 2008) et sous-titré À ne pas lire en survêtement.

De la violence sauvage qui constitue l'essence même de la boxe et du football américain au dopage endémique, en passant par les fous du stade, le cryptofascisme des Coubertin et Samaranch, ex-président du CIO, et l'ennui d'un univers redondant condamné au bavardage collatéral pour susciter l'intérêt, tout ce qui constitue la face sombre du sport est dénoncé par Caroll avec une puissante mauvaise foi.

Si l'activité physique qui permet la rencontre de l'autre trouve grâce aux yeux du pamphlétaire, il n'en va pas de même pour le sport qui «retourne toutes ces choses et ne laisse plus que la compétition, la volonté de gagner pour gagner, l'idée d'une gloire éternelle du champion, l'effacement de l'adversaire, l'absence de rencontre, l'enfermement dans un corps qui n'a qu'une solution, gagner; et la bêtise, la rage ou la folie qui guette dans tout enfermement».

Un ouvrage provocateur à souhait, mais dont le propos est trop souvent dilué par un style plus évocateur que démonstratif.

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Collaborateur du Devoir