Les photographies de Reza

C'est un classique. À l'automne, Reporters sans frontières (RSF) publie toujours un album de photographies dont l'achat sert à soutenir l'organisme de défense de la liberté de presse.

Au fil des ans, RSF a abordé plusieurs thèmes: il y a eu l'album d'Helmut Newton, celui consacré au foot, celui consacré aux stars, celui de Yann Arthus Bertrand, et ainsi de suite.

L'édition de l'automne 2008 est toutefois en parfaite adéquation avec la mission de RSF, puisque l'album est consacré à Reza, un photographe qui a lui-même combattu pour la liberté de presse.

Prisonnier

Iranien d'origine exilé en France, Reza avait été emprisonné et torturé par la police du shah d'Iran à l'âge de 22 ans, pour des photos prises dans son pays.

Depuis 30 ans, il parcourt le monde, là où les gens souffrent à cause des guerres, des catastrophes naturelles et des conflits les plus variés. Photoreporter au National Geographic depuis 1991, ses oeuvres ont été reprises par plusieurs grands magazines dans le monde. Il vient d'ailleurs de publier, aux Éditions National Geographic, un livre consacré à 30 ans de reportages.

Pour son album, Reporters sans frontières a choisi des photos prises surtout en Afghanistan, en Turquie, au Turkestan oriental, en Égypte, au Pakistan.

Des photos qui souvent témoignent d'une immense tendresse pour les enfants et les déracinés. Qui témoignent également de la beauté des paysages dans des zones souvent inaccessibles.

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100 photos de Reza pour la liberté de presse

Reporters sans frontières, 144 pages
1 commentaire
  • Daniel Francoeur - Inscrit 9 novembre 2008 09 h 40

    Des photos qui parlent vrai... plus que nos politiciens ou nos média.

    J'admire le travail des photographes sans frontières. Ils n'ont effectivement pas de frontières politiques, pas de frontières idéologiques. Ils nous montrent la réalité telle qu'elle est. Une mère qui pleure son enfant mort, un enfant mutilé, etc.

    Ce serait un plus pour l'humanité si on publiait ces photos dans les quotidiens. On sait qu'elles sont censurées, pour différentes raisons (sensibilité, idéologie, complicité). Mais, moins on voit la réalité, moins on y est sensible et plus on y devient indifférent. Les médias ont une grande part de responsabilité dans le maintien dans l'ignorance des gens. On dirait qu'ils ont peur de l'effet des horreurs (photos réalistes) sur les gens. Comme si ça pouvait les amener à ressentir un peu de compassion et les influencer dans leur maturité citoyenne ou leurs choix politiques. En effet, pourquoi leur présenter la vie et les conséquences de nos politiques étrangères, lorsque les politiciens les assurent de traiter des «vrais» affaires. C'est tellement plus confortable ... Heureusement, RSF vient nous rappeler annuellement la réalité: L'humanité est en guerre et la misère y est plus que jamais présente.