Coups de coeur francophone - Petite randonnée musicale

On le sait: les livres sont magnifiques, et les disques pleins de beautés. Les enfants les aiment, les parents aussi. De même la critique — toujours enthousiaste devant les productions de la Montagne secrète — et les artistes qui participent aux projets. Il ne manque rien, alors. Ou peut-être que si: un bout de scène.

La Montagne secrète passera aux actes demain, au Lion d'Or, pour deux spectacles qui constituent une première pour la maison de disques-livres. Cette inédite présence sur scène se fera avec la participation d'une pléiade de musiciens qui donnent bonne mesure du pouvoir d'attraction de la Montagne: Martin Léon, Paul Kunigis, Mara Tremblay, Yves Lambert, Jorane, Jérôme Minière, Kaïn et Jessica Vigneault seront notamment de la partie.

Au dire du fondateur et directeur artistique de la boîte, Roland Stringer, il s'agira d'un spectacle-tour d'horizon. On pigera à droite et à gauche dans le répertoire de la maison, en s'attardant aux succès. Car succès, il y a: Un dimanche à Kyoto (basé sur des textes de Gilles Vigneault), Un trésor dans mon jardin (encore du Vigneault, tout récemment auréolé du prestigieux prix TD en littérature jeunesse canadienne), Chapeau! Félix, Le Géant de la forêt, la trilogie des Dodo la planète do, puis...

Puis l'ensemble de la production, en fait, puisque de chaque titre s'est écoulé entre 5000 et 15 000 exemplaires. Une sacrée pige au Québec.

Des projections des illustrations toujours soignées des livre-disques seront aussi utilisées demain, alors que la trame narrative de La Fabuleuse mélodie de Frédéric Petitpin, sortie en 2007, servira de coeur au spectacle.

Ça fait donc huit ans que la Montagne secrète opère au grand jour, en soulignant son goût des mots et d'une esthétique tant visuelle que sonore (musique folk du monde entier, jazz doucereux, touches de swing) qui fait sa réputation jusqu'en France, où le tiers des ventes est réalisé. Pour Roland Stringer, le secret de la recette réside dans le respect voué au public visé: on s'adresse aux enfants intelligemment, et on s'arrange pour que les parents y trouvent amplement leur compte avec des contes bien ciselés.

«Je vois ce qu'on fait comme un bon film pour la famille. Parce qu'on bon film pour enfants est un film qui plaira à toute la famille», dit celui qui a longtemps géré la carrière de Hart Rouge (des amis d'enfance qui participent souvent aux productions de la Montagne secrète) et de Carmen Campagne.

C'est Stringer qui mène tous les projets. Il choisit les auteurs, les illustrateurs, les musiciens. Avec un pif exemplaire: il a sollicité Pierre Lapointe et Yann Perreault avant que le grand public ne le fasse, par exemple. Et le bassin des collaborateurs comprend Pascale Bussières, Richard Desjardins, Richard Séguin, Bïa, Penny Lang, Ariane Moffatt. La crème du genre.

«C'est vrai que les artistes acceptent facilement de jouer le jeu avec nous, dit Stringer. Et je crois qu'on le leur rend bien en faisant aussi confiance à des jeunes.» Une confiance qui s'étend d'ailleurs à l'ensemble de la production: confiance en la sensibilité du public, au pouvoir du conte («qui est une ouverture, le début de quelque chose, un magnifique outil littéraire») et à la beauté des musiques du monde pour parler aux enfants.

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Un dimanche à la Montagne secrète

À 10h30 et 13h30, au Lion d'Or