Biographie - La vie rocambolesque de Joséphine Baker

C'est comme si Paris l'attendait au lendemain de la Première Guerre mondiale. Joséphine Baker, danseuse au déhanchement envoûtant et aux petites grimaces irrésistibles, incarnait non seulement la liberté retrouvée, le plaisir de vivre, mais aussi l'émulation de la culture nègre, notamment du jazz, qui sévit à l'époque.

Née d'une famille pauvre en 1906 à Saint Louis, au Missouri, la jeune Joséphine découvre le théâtre avec émerveillement auprès d'une de ses nombreuses «maman de substitution». À l'adolescence, elle ose faire irruption auprès du directeur de la troupe qui se produit près de chez elle pour offrir ses services. Ce dernier accepte, amusé par l'aplomb de la jeune fille.

C'est le début d'une aventure qui la propulsera de Broadway aux Champs-Élysées de Paris, où elle devient la tête d'affiche de la Revue nègre. De «sale négresse» paumée dans son enfance américaine, elle devient l'idole sauvage d'une époque, puis la «Vénus noire» invitée sur toutes les scènes du monde. La danse, la chanson, le cinéma lui permettront de prolonger et de varier sa carrière.

La biographie signée par Jacques Pessis chez Gallimard se divise en 34 courts chapitres, qui reflètent les nombreuses vies de Joséphine Baker. S'y déploient son existence de star, bien sûr, mais aussi ses amours enflammées pour Pepito, Jean Lion et Jo Bouillon, son engagement dans la lutte contre le racisme, puis dans la Résistance. Cette même soif de justice fraternelle l'a amenée à adopter douze enfants issus de toutes les origines dans son manoir des Mirandes, en France.

Le style vivant du biographe colle bien à l'existence rocambolesque de Joséphine Baker. Il ne s'empêtre jamais trop dans les détails et raconte comme s'il avait été le témoin du parcours trépidant et captivant de la déesse noire.

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Joséphine Baker

Jacques Pessis

Gallimard

Paris, 2007, 249 pages

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