Festival - Un FIL qui s'étoffe

Six grands spectacles de création, le retour de Trintignant et la visite de Sami Frey, des hommages à René Char et à Marcel Dubé, ainsi qu'une poignée d'activités satellites: le 13e Festival international de littérature (FIL) prend du galon.

Sa directrice artistique a voulu offrir toute la lattitude aux créateurs pour cette troisième édition complètement indépendante de l'Union des écrivaines et écrivains du Québec, qui a donné naissance à l'événement en 1994.

«J'avais envie d'offrir un lieu de création qui permette à ces gens-là d'aller au bout de leur rêve», a confié au Devoir Michelle Corbeil après la conférence de presse, hier, à laquelle ont pris part plusieurs artistes, dont la porte-parole Chrystine Brouillet.

Cette générosité transparaît dans la programmation de la fête, qui lance la saison littéraire du 14 au 22 septembre. En avant-première du FIL, l'acteur français Jean-Louis Trintignant, venu lire Apollinaire en mars dernier, revient livrer son coup de coeur littéraire: des morceaux choisis du Journal de Jules Renard.

«Il avait promis qu'il reviendrait à Montréal pour ce spectacle; il a tenu promesse», a noté la directrice.

Un autre grand acteur français — également admirateur de l'auteur de Poil de carotte —, Sami Frey, nous rendra visite du 21 au 25 novembre en marge du FIL. Il lira Cap au pire de Samuel Beckett.

Mais ces figures légendaires de la culture cousine ne volent pas la vedette au reste du FIL, qui propose une série de spectacles variés et étoffés. «Au FIL, tout est permis; il n'y a pas de contraintes de forme, seul compte l'amour des mots», rappelle Mme Corbeil.

«Pour moi, Poésie, sandwiches et autres soirs qui penchent [la "stonerie" poétique signée Loui Mauffette qui clôt le festival] est tout aussi important que la venue de Trintignant qui lit son Jules Renard», confie Mme Corbeil.

Au premier soir du festival, on découvrira l'auteur que tous les Haïtiens (même exilés!) ont lu: Jacques Roumain, le «Miron d'Haïti» selon Dany Laferrière, qui participera à la mise en lecture avec, entre autres, Stanley Péan, Michel Vézina, Pascale Montpetit, Emmelie Prophète et la danseuse Mélanie Demers.

Suivront Petits fantômes mélancoliques, mariage de danse (Louise Bédard et Paul-Antoine Taillefer) et de textes joliment pimentés de Louise Bombardier, puis un grand choeur à 15 voix pour donner corps au roman Parents et amis sont invités à y assister d'Hervé Bouchard, coup de coeur d'Olivier Kemeid. Chanson et poésie feront bon ménage dans Quai n° 5, à l'instigation de Tristan Malavoy, qui s'entoure notamment de Fredric Gary Comeau, de Mara Tremblay, de Yann Perreau et de Stéphanie Lapointe.

Le menu le plus alléchant vient en fin de parcours, avec La Soupe de Kafka, pastiche littéraire présenté sous forme de recettes et signé Marc Crick, que se mettront en bouche une brochette d'artistes. La comédienne Catherine Trudeau en donnait hier un avant-goût avec son «Poulet désossé farci sans pitié» à la marquis de Sade.

L'hommage au poète français René Char, dont on souligne le 100e anniversaire de naissance en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), portera aussi la marque québécoise: une exposition de sa correspondance avec son ami poète Jean-Guy Pilon se tiendra dans le hall de la bibliothèque, les héritiers québécois de Char offriront des lectures. L'épouse du poète, l'auteure et éditrice Marie-Claude Char, se prêtera au jeu d'un entretien. BAnQ organise aussi une exposition-hommage au Simple soldat de Marcel Dubé.

En orbite autour de ces grands rendez-vous, quelques films, un premier Grand Slam, une pièce de théâtre interdite aux plus de 18 ans (!) et les fameux «5 à Souhaits» qui cèdent le micro aux poètes, dont Hélène Monette et Michel Garneau. N'oubliez pas votre lunch pour les Midis littéraires: Alexis Martin lira Tolstoï, Brigitte Haentjens lira Jean-Marc Dalpé... des jeux de chaises, de mots et de chapeaux toujours appréciés au FIL.

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