Salon international du livre de Québec - Les collégiens ont été touchés par une histoire d'amour interculturelle

Myriam Beaudoin, auteure du roman Hadassa
Photo: Clément Allard Myriam Beaudoin, auteure du roman Hadassa

À l'heure du malaise entourant les accommodements raisonnables, les jeunes lecteurs du Prix des collégiens ont couronné cette année une oeuvre traitant du rapport à l'autre, le roman Hadassa de Myriam Beaudoin.

Québec — Devant un parterre d'étudiants et de professeurs réunis au Salon du livre de Québec, la jeune écrivaine presque trentenaire a paru très émue par cet honneur. «Je suis très touchée. C'est un grand prix, le premier de ma carrière littéraire», a-t-elle déclaré.

Organisé par la Fondation Marc Bourgie, Le Devoir et différents établissements collégiaux, le Prix des collégiens est remis, tous les ans, dans le cadre du Salon du livre de Québec.

Les autres oeuvres en nomination cette année étaient Alia de Mélikah Abdelmoumen, Parents et amis sont invités à y assister d'Hervé Bouchard, Votre appel est important de Normand de Bellefeuille et La traduction est une histoire d'amour de Jacques Poulin.

«Nous avons reconnu dans le roman de Myriam Beaudoin une vision du monde qui invite à la compréhension des différences», a résumé l'une des étudiantes, Alexandra Dumont, du Cégep de Sherbrooke.

Myriam Beaudoin, dont c'est le deuxième livre, s'étonnait justement de la grande curiosité des étudiants. «Je n'aurais pas pensé que le thème de l'étranger pouvait les intéresser autant, a-t-elle dit. Je suis étonnée qu'ils aient été touchés parce que c'est une histoire d'amour dans le désir et l'attente alors qu'on a tendance à croire que les jeunes sont plutôt dans l'action.»

Campé dans le quartier Outremont d'aujourd'hui, Hadassa décrit la rencontre entre une juive hassidique et un immigré polonais. «Ce qui est incroyable, c'est que plusieurs d'entre eux ne sont même jamais venus dans Outremont, mais ils ont quand même embarqué», a ajouté la jeune auteure, qui enseigne le français à l'école secondaire Villa-Maria et qui a passé une bonne partie de sa jeunesse au Rwanda.

Lors d'une discussion devant public, après la remise du prix, la jeune Alexandra Dumont, de Sherbrooke, a concédé qu'avant de se plonger dans ce livre elle ne savait rien des juifs hassidiques: «Tout ce que j'avais vu, c'étaient les nouvelles à Radio-Canada sur les fenêtres du YMCA.»

Comme le faisait remarquer son professeur, Bruno Lemieux, les trois romans favoris des étudiants (Alia, Votre appel est important et Hadassa) traitaient tous à leur manière du rapport à l'autre comme manière de se confronter à l'extérieur ou à soi-même.

Près de 750 étudiants des quatre coins du Québec ont participé au Prix des collégiens cette année. Pour certains, il s'agissait d'une activité obligatoire dans le cadre du cours de français; pour d'autres, c'était une initiative personnelle. Depuis le dévoilement des cinq livres en nomination au Salon du livre de Montréal, en novembre, les élèves devaient délibérer pour sélectionner l'ouvrage qui allait représenter leur école. Et jeudi soir, des délégués de chaque collège se sont réunis dans un hôtel de Québec pour choisir le grand gagnant. Le Prix des collégiens comprend une bourse de 5000 $ ainsi qu'un séjour d'écriture de trois mois dans la maison de Chateaubriand au Châtenay-Malabry, en France. Des bourses d'études, un voyage culturel en Guadeloupe et des abonnements au Devoir ont également été remis aux jeunes lecteurs.

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