12e Journée mondiale du livre et du droit d'auteur - Droits d'auteur contre droits d'utilisateur

Chrystine Brouillet et Dany Laferrière étaient tout sourire hier.
Photo: Jacques Grenier Chrystine Brouillet et Dany Laferrière étaient tout sourire hier.

L'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) veut contester un projet de modification de la loi fédérale qui autoriserait la copie numérisée, par ordinateur, au même titre que la photocopie.

Le président de l'ANEL, Gaston Bellemare, a fait cette déclaration hier, lors de la conférence de presse annonçant la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, qui se tiendra un peu partout dans le monde le 23 avril prochain. Selon M. Bellemare, le gouvernement fédéral, soutenu en cela par les ministres de l'Éducation de toutes les provinces sauf le Québec, veut modifier la loi sur le droit d'auteur, pour autoriser la numérisation au même coût qu'une photocopie. Quelqu'un qui négligerait de payer les droits d'auteur sur la numérisation s'exposerait à une amende maximale de 100 $. Or, M. Bellemare avance qu'il est impossible de contrôler la copie par Internet et qu'il est préférable que la loi reste inchangée à cet égard. À l'heure actuelle, il est illégal de reproduire par Internet des oeuvres non libres de droits. Or, jusqu'à présent, dit M. Bellemare, la jurisprudence a favorisé les utilisateurs au détriment des auteurs.

Par ailleurs, ce sont les artisans du livre, de l'édition à l'impression, qui seront cette année au coeur de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur. Éditeurs, correcteurs, relieurs, imprimeurs ont été joliment louangés hier par Dany Laferrière, porte-parole de la Journée en compagnie de Chrystine Brouillet.

L'éditeur est comme un enfant qui écoute sa mère lui lire une histoire, dit Dany Laferrière. Alors que celle-ci souhaite l'endormir, lui, il veut rester éveillé, guette la moindre faute. Mais l'éditeur est aussi le chien de garde qui se gardera de dénoncer les failles de ses protégés... Le correcteur, quant à lui, poursuit Laferrière, aimerait bien pouvoir changer la grammaire si cela permettait de préserver le style. Puis, vient l'épreuve du papier, qui fait apparaître les silences. Une fois le livre imprimé, il reviendra à l'éditeur, puis à l'auteur, qui dormira peut-être à ses côtés, jusqu'à ce que le critique ne le réveille! Et enfin, le livre trouvera des lecteurs, parfois nombreux, même si, dit Laferrière, un seul lecteur, «c'est déjà pas mal». Enfin, le traducteur donnera peut-être au livre une langue qu'il ignorait.

Chrystine Brouillet, quant à elle, épicurienne devant l'éternel, a vanté l'odeur du livre, sa texture, sa musique, sa beauté, jusqu'à son goût. «Qu'on pense aux madeleines de Proust», dit-elle, en présentant un plat de ces pâtisseries qu'elle a cuisinées pour l'occasion.

Si l'UNESCO a décrété que le 23 avril était la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, c'est entre autres parce que c'est la date anniversaire de la mort de Cervantes, de Shakespeare et de Garcilaso de la Vega dit l'Inca. Au Québec, cette journée donne lieu à des centaines d'activités tournant autour du livre. Le programme de la journée se trouve au www.jmlda.qc.ca, ou encore, sans doute, à la bibliothèque la plus proche de chez vous. Mentionnons que le 23 avril à 19h se tiendra à la Grande Bibliothèque un match d'improvisation sur les dessous de l'édition, avec des membres de la Ligue nationale d'improvisation. Un débat suivra sur le thème: «La dynamique de l'édition au Québec: la qualité et la rentabilité sont-elles compatibles?»

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