Salon du livre de l'Outaouais - Environnement: visions d'avenir

À force de remonter dans le passé, il a fini par entrevoir l'avenir. C'est en étudiant les dinosaures et la paléontologie que Yannick Monget, écrivain et militant écologiste, en est venu à considérer le désastre à venir des changements climatiques. Depuis, il s'est consacré à cette cause sans relâche. Après deux romans futuristes sur les désordres environnementaux, il signait cet automne aux Éditions La Martinière un livre-documentaire intitulé Demain, la Terre... présentant au monde des photos retouchées mais représentant le monde déréglé qui nous attend si l'homme ne court pas à son propre secours sous peu. Valant plus que mille mots, les images fouettent l'imaginaire: Paris inondé, Sydney en flammes, et d'autres catastrophes naturelles prévisibles. La semaine prochaine, Yannick Monget sera l'un des invités du Salon du livre de l'Outaouais, qui se déroule sur le thème de l'environnement.

À 27 ans, il est forcé de porter un regard douloureux sur l'avenir et finit par le contempler avec l'espoir de la dernière chance. «Je crois que je me détache par ce côté optimiste, dit-il. Il y a dans ce livre une volonté d'informer les gens de l'imminence d'une crise sans précédent qui remet en cause notre société et toute notre civilisation. Mais je reste optimiste; si je ne l'étais pas, je n'agirais pas pour essayer de sauver les meubles. Je pense que c'est un phénomène qui va affecter tous les continents et tous les pays sans égard aux religions et à la couleur de la peau. C'est donc une magnifique occasion de travailler ensemble à un même but.»

En fait, Yannick Monget constate déjà quelques signes intéressants. Au coeur du conflit israélo-palestinien, par exemple, des discussions se sont tenues au sujet de l'alimentation en eau, dit-il. En Californie, ajoute-t-il, l'équipe démocrate est allée jusqu'à offrir un financement à celle du gouverneur Schwarzenegger pour qu'il réalise ses projets environnementaux. Et toujours aux États-Unis, 300 villes ont pris l'initiative d'appuyer le protocole de Kyoto malgré l'opposition du gouvernement fédéral. En France aussi, Monget se réjouit que l'environnement soit accepté comme un enjeu électoral de la course à la présidence, grâce entre autres à la campagne de sensibilisation menée par Nicolas Hulot.

Monget, quant à lui, poursuit la lancée de son documentaire photographique et prépare un autre livre, Terres d'avenir, qui mettra en cause des villes de partout dans le monde, avec une exposition qui, comme dans le cas de Demain, la Terre..., devrait suivre.

C'est en travaillant bénévolement pour le CNRS sur les grandes crises biologiques qui ont secoué la planète depuis sa naissance que Yannick Monget s'est sensibilisé à la cause environnementale. Ses travaux portaient sur l'extinction des crétacés. «La Terre a vécu cinq grandes crises biologiques d'extinction massive depuis 3,7 milliards d'années», constate-t-il. Et il est très clair que nous avons déjà entamé celle qui suit. «Presque toutes les espèces sont menacées», ajoute-t-il.

Devant de telles éventualités, pressent-il que les membres de sa génération baissent les bras et se découragent? «On a de tout, dit-il. Je regrette que les jeunes ne croient plus en leurs rêves. Au niveau du moral, c'est assez insupportable. Il faut se reprendre en main, recommencer à rêver. Ce sera le moteur de nos actions vers un monde meilleur. Il faut donner envie aux gens d'y croire. Sans cela, c'est assez noir comme vision du monde.»

Yannick Monget participera à une table ronde intitulée S.O.S. planète, le jeudi 1er mars, au Salon du livre de l'Outaouais, et à une autre le lendemain, sur le thème des changements climatiques.

Entre autres personnalités environnementalistes, le Salon du livre de l'Outaouais accueillera aussi Jean Lemire, célèbre capitaine des équipées du bout du monde, qui donnera une conférence sur sa mission dans l'Antarctique et sur le triste constat qui s'en est dégagé. Lemire est invité d'honneur du Salon aux côtés de la romancière Pauline Gill, qui en est la présidente d'honneur, de Jean Mohsen Fahmy, qui représente la littérature franco-ontarienne, de Josélito Michaud, l'animateur qui signait cette année ses Passages obligés, d'Andrée Poulin, écrivaine pour la jeunesse, et de Richard Petit et Annie Groovie, auteurs et dessinateurs pour les jeunes.

Pour faire honneur à son thème, le Salon de l'Outaouais affiche aussi une exposition intitulée Recycl'art, sélection d'oeuvres faites à partir de matières récupérées de la nature et de l'environnement quotidien. Des enfants de première année du secondaire présenteront quant à eux l'exposition No me moleste mosquito, sur le thème des moustiques et du virus du Nil...

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