Petit sursis pour la bibliothèque Fraser-Hickson

La plus ancienne bibliothèque gratuite de Montréal se bat encore pour demeurer dans son bâtiment actuel, mais tout indique un déménagement prochain.
Photo: Jacques Grenier La plus ancienne bibliothèque gratuite de Montréal se bat encore pour demeurer dans son bâtiment actuel, mais tout indique un déménagement prochain.

Menacée de fermeture depuis plusieurs mois, la plus que centenaire bibliothèque Fraser-Hickson du quartier Notre-Dame-de-Grâce reporte le jour fatidique à la fin février et se prépare à un déménagement dans des locaux plus modestes.

La plus ancienne bibliothèque gratuite de Montréal se bat encore pour demeurer dans son bâtiment actuel, mais tout indique un déménagement prochain. Pendant qu'elle boucle ses inventaires et ses boîtes de déménagement, elle permet à ses usagers d'accéder à une partie de ses installations, comme ceux-ci l'ont demandé.

«On est encore ouvert et on fonctionne normalement, même si les horaires ont changé et que la collection accessible au public rétrécit de jour en jour au fur et à mesure qu'on remplit les boîtes», indique au Devoir Nicholas Hoare, vice-président de la Fondation Fraser Hickson.

Faute de soutien public à long terme, celle-ci a amorcé les démarches en vue de vendre l'édifice de 3900 m2 (42 000 pi2) et de se relocaliser dans des espaces plus restreints et surtout moins coûteux. Actuellement, il lui faut débourser environ 3000 $ pour chaque journée d'activité.

L'institution, qui vivait de fonds privés depuis sa fondation en 1885, a dû faire appel au financement public en 2003. Elle a alors conclu une entente de partenariat de trois ans avec la Ville, qui lui assurait 200 000 $, soit le tiers de son budget. Elle assumait un autre tiers et les donateurs se chargeaient du reste. La menace de fermeture pèse depuis l'échéance de l'entente fin octobre dernier.

Pour couvrir ses frais de fonctionnement actuels, la bibliothèque impose des frais d'inscription exceptionnels à ses usagers depuis le début du mois de janvier, une proposition qui a émané de la communauté. «On a eu une réponse très favorable, dit M. Hoare. Certains ont même offert de donner plus. On a donc le soutien total de la communauté.»

L'édifice sera mis en vente autour du 1er mars à moins qu'un donateur ne se présente ou que la Ville — qui envisage de doter le quartier d'une bibliothèque publique d'ici à 2012, note M. Hoare — change son fusil d'épaule.

«Nous ne sommes pas pressés de vendre. Nous voulons attendre de trouver le ou les bons acheteurs.» Le meilleur scénario: un acheteur qui accepte de louer une partie du bâtiment à prix d'ami... L'institution doit aussi s'assurer de la possibilité du modifier le zonage, pour l'instant non commercial. Enfin, elle a besoin d'au moins six mois avant de finir l'empaquetage des documents.

La seule bibliothèque de NDG compte 12 000 membres, soit plus que la bibliothèque de Westmount. «Jusqu'en décembre, la croissance a été extraordinaire», affirme le vice-président, qui se désole des choix faits par Montréal et l'arrondissement. «Ils vont dépenser huit ou dix millions pour une nouvelle bibliothèque de quartier alors nous demandons 200 000 $ par année. C'est une décision politique. La Ville fixe mal ses priorités; la culture compte pour un maigre 4 % du budget, contrairement à l'entretien des routes... Pourtant, si on veut une population éduquée, il faut l'éduquer, et dès le jeune âge, comme on le fait déjà ici.»