Bande dessinée - Les auteurs Morvan et Munuera quittent Spirou et Fantasio

Bruxelles — L'éditeur belge de bandes dessinées Dupuis a annoncé hier que le duo Morvan et Munuera, auteurs actuels de la série Spirou et Fantasio, cédaient la main à une «nouvelle équipe» après trois albums qui ont fait entrer l'ancien groom du Moustic-Hotel dans le XXIe siècle.

Depuis la création, en 1938, de Spirou, devenu un des héros emblématiques de la bédé franco-belge, les Éditions Dupuis l'ont confié à huit générations d'auteurs, dont Franquin, qui se sont «approprié» la série, explique dans un communiqué le directeur général de Dupuis, Robert Baert.

«Afin de poursuivre la tradition, c'est à une nouvelle équipe — pas encore choisie — que sera confié le passage emblématique du numéro 50 de la série», ajoute M. Baert sans préciser les raisons de la rupture avec les deux auteurs actuels.

À partir de 2004, le scénariste français Jean-David Morvan et le dessinateur espagnol José Luis Munuera avaient modernisé la série pour rajeunir son public en lui donnant un style proche de celui des mangas. Trois albums sont sortis depuis lors: Paris-sous-Seine, L'homme qui ne voulait pas mourir et Spirou et Fantasio à Tokyo.

Alors que Dupuis se félicitait l'an dernier de résultats «excellents» pour ces trois premiers albums, le journal belge Le Soir faisait état samedi de chiffres «décevants», une information que Dupuis ne souhaite pas commenter.

La direction de Dupuis ne semble cependant pas vouloir renier ses options modernistes. «"Spirou et Fantasio" doit rester une matière vivante», explique le communiqué, selon lequel la future équipe «créera un album vivant, authentique, moderne et fidèle».

Par ailleurs, la collaboration avec le duo Morvan-Munuera se poursuivra par la publication d'un album de la collection «Une aventure de Spirou et Fantasio par... », une série parallèle qui permet à des auteurs d'adapter l'univers de Spirou à leur propre style pour une aventure unique.

Dupuis, basé à Marcinelle, près de Charleroi, est passée sous le pavillon du groupe français Média Participations il y a trois ans. Elle a connu au printemps 2006 une grave crise, marquée par des arrêts de travail, certains de ses cadres historiques ayant quitté l'entreprise en reprochant à la maison mère de ne pas respecter l'indépendance éditoriale de sa filiale belge.