Les beaux livres - Ode à la beauté

Voilà un autre album sur nous, mais cette fois-ci par un photographe d'origine allemande fou du Québec qui, depuis 25 ans, en capte les splendeurs sauvages d'un oeil ébloui. Si on devait ne recevoir qu'un seul album à Noël, ce pourrait être celui-là. Pour la beauté, la précision, les couleur, qui transmettent bien l'ambiance et la personnalité des paysages et des animaux. Un défi bien relevé par Heiko Wittenborn dont le but avoué est d'«éveiller la sensibilité du lecteur et de l'inciter à protéger son environnement».

Profondément attaché à notre Québec sauvage, le photographe qui a grandi dans une petite banlieue de Hambourg, en Allemagne, en montre tous les dessous: entre feuillus et conifères; le long des cours d'eau et des lacs; sur les rives du Saint-Laurent maritime; sur l'île d'Anticosti; au Nunavik. Chaque page nous arrache un «Ah! que la nature est belle chez nous!».

Parlant de nature, d'ailleurs, son père lui disait, quand il était petit: «Écoute et observe attentivement et tu la verras, tu la sentiras tout autour de toi.» Dans mon pays, à l'époque, écrit Wittenborn en préface, les arbres étaient plus nombreux que les maisons et il y avait des animaux dans la forêt, mais ce n'est plus le cas. Le Québec, lui, possède encore ces splendeurs sauvages que l'Europe a presque entièrement perdues. À nous d'y faire attention!

Les textes bien documentés de Jean-Pierre Sylvestre transpirent un constant souci écologique: «Pour protéger quelque chose, il faut l'aimer. Pour aimer, il faut comprendre. Et pour comprendre, il faut voir. Voilà pourquoi les parcs existent: pour nous faire voir les beautés de notre monde, dans l'espoir que nous comprendrons la nécessité de les protéger.»

- Splendeurs sauvages du Québec, textes de Jean-Pierre Sylvestre, Les Éditions de l'Homme, Montréal, 2006, 190 pages.

Collaboratrice du Devoir