La philo telle qu'on l'imagine

Les idées reçues sur la philosophie sont légion. Ceux qui l'enseignent, dit-on, seraient des originaux, des décalés, et ils imposeraient leurs points de vue aux élèves, alors qu'en fait tout le monde devrait avoir droit à son opinion. La philosophie, de plus, serait trop abstraite, s'opposerait à la science et ne servirait à rien.

Enseignante dans un lycée, Marie-Claire Cagnolo met ces idées reçues à l'épreuve avec beaucoup d'esprit dans La Philosophie. Elle souligne, entre autres, que «le rapport à la philosophie, plus que dans tout autre domaine, met en jeu des paramètres d'ordre affectif», réfute le relativisme de l'homme de la rue, reconnaît le caractère abstrait de la démarche philosophique pour mieux le justifier, défend le rire très particulier du philosophe qui «ne porte pas sur les mêmes objets que ceux du commun» et rappelle, dans une belle formule, que «la logique philosophique revendique, du moins originellement, une logique du désapprentissage».

Aux enseignants du collégial qui sont parfois confondus par les résistances de leurs élèves à entrer en philosophie, ce petit livre fournira de bons arguments à même d'ébranler les réfractaires. Il a, toutefois, un gros défaut: sa ponctuation est tout bonnement désastreuse.

Aussi, on suggérera à l'éditeur de lire l'excellent L'Art de ponctuer (Québec Amérique, 2006) du regretté Bernard Tanguay avant de publier ses prochains ouvrages. Pour comprendre que l'utilisation de la virgule ne saurait être à ce point arbitraire.

Collaborateur du Devoir

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La philosophie

Marie-Claire Cagnolo

Le Cavalier bleu

Paris, 2006, 128 pages