Roman - Un amour inattendu

Auteur de nombreux romans à succès, dont Pourquoi pas nous porté à l'écran sous le titre Mieux vaut tard que jamais, Patrick Cauvin choisit un éditeur de livres à succès comme personnage de Belange. Il manie avec dextérité l'humour, l'ironie, le suspense et réserve au lecteur, qui ne la découvre qu'aux dernières pages, la surprise d'une grande histoire d'amour.Une délicieuse aventure inusitée.

L'éditeur Adrien s'applique avec acharnement à faire écrire des romans qui rapportent de l'argent et à l'éditeur et aux auteurs qui sont souvent en service commandé. Se tenant à distance de la littérature, ils fabriquent aussi bien des histoires policières ou érotiques que des autobiographies de vedettes de spectacle qui n'ont que des rapports ténus avec leurs vies réelles.

Adrien s'ennuie. Il est condescendant, voire méprisant des auteurs, des agents littéraires mais aussi des femmes qu'il fréquente. Entre un rendez-vous avec un producteur de cinéma et un cocktail de lancement d'un livre, il attend impatiemment le vendredi après-midi pour quitter cet univers de faiseurs et d'avides commerçants afin de se retrouver tout seul, à la campagne, dans une vieille propriété familiale. Il lui arrive d'y emmener une femme qui, au bout de quelques heures, l'irrite, l'exaspère au point qu'il regrette sa solitude.

Un vendredi, il s'aperçoit que son palais familial fut envahi en son absence. Discret, propre, le «squatter» laisse des traces qui font deviner une personne au fait des règles de la bonne société. Au lieu d'avertir la police, l'éditeur lui laisse une lettre et, de semaine en semaine, une correspondance hilarante s'ensuit. Le «squatter» est au courant du travail de l'éditeur et encore davantage de l'univers frelaté du parisianisme culturel. Une relation s'amorce et la victime donne rendez-vous à l'intrus et, coup de théâtre, il s'agit d'une intruse. L'amour prend naissance avec, comme aboutissement, le mariage. On découvre que la «squatteuse» n'est en fait qu'une journaliste qui s'était déguisée pour se documenter.

Le style vif, décapant de l'auteur retient le lecteur qui, de surprise en surprise, ne quitte plus ce récit qui évite les clichés tout en les frôlant. Une bien agréable lecture.

Collaborateur du Devoir

Belange
Patrick Cauvin , Albin Michel , Paris, 2006, 235 pages