Littérature jeunesse - Le déclin des méchantes sorcières

En littérature jeunesse, il est maintenant aussi difficile de trouver une sorcière vraiment méchante qu'un loup authentiquement carnivore. Quand on gratte un peu la sombre apparence de ces personnages, on tombe systématiquement sur un bon fond. La nuit de l'Halloween, il faudra donc se contenter d'un brin de délinquance dans le monde de la magie.

La mère Fouettarde est une horrible bonne femme, spécialiste des fessées. Contrairement à ce qu'on peut penser, elle ne fait pas ça pour le plaisir, mais bien parce que c'est son métier. Sur rendez-vous et pour quatre pièces d'or, la mère Fouettarde fait la sale besogne à la place des parents. Le pauvre Billy est une victime régulière de cette travailleuse des fesses. Même que la petite Zoé considère que les parents de son ami Billy abusent un peu et méritent une petite correction à leur tourÉ La valeureuse fillette prend donc le téléphone pour faire appel aux services de la terreur des postérieurs. Une inversion de situation amusante qui se termine, comme il se doit, dans la gentillesse et la bonne humeur.

LA MÈRE FOUETTARDE

Catherine Lamon-Mignot

Nathan

Paris, 2002, 29 pages

Pour les 5-7 ans

Même si ses histoires sont toujours bien menées, on aime d'abord Geoffroy de Pennart pour ses illustrations. Verte à souhait, coiffée du traditionnel chapeau noir, la sorcière Vèzmo est classique, mais tellement expressive qu'on la dirait presque animée. Se promenant dans sa forêt à la recherche d'un mauvais sort à jeter, la méchante Vèzmo rencontre un prince d'une beauté stupéfiante. La sorcière hésite. Va-t-elle le transformer en cafard? En serpent? En crapaud? Elle se dit finalement que la meilleure façon d'embêter le bellâtre consiste à lui assener un gros bisou bien baveux. À sa grande surprise, le prince charmant se métamorphose alors en sorcier hideux, sous le charme duquel elle succombe, évidemment. Et tout est mal qui finit bienÉ

VÈZMô LA SORCIÈRE

Geoffroy de Pennart

Kaléidoscope

Paris, 2002, 32 pages

Lancée au printemps dernier, la collection «La fourmi qui lit» s'adresse aux lecteurs débutants. À mi-chemin entre la BD et l'album, ces petits livres se présentent en trois catégories correspondant au niveau de difficulté du texte. La sorcière Amanda a déjà trois titres à son actif. Dans sa première aventure, elle fait connaissance avec sa nouvelle voisine, Marie-Grenadine. Hélas, la blonde enfant ne partage pas sa passion pour les araignées et les parfums qui sentent mauvais. Elle rechigne et renâcle devant tout ce qu'on lui présente. Quand la précieuse fillette refuse d'embrasser Varicelle, le crapaud d'Amanda, la petite sorcière est incapable de se contenir plus longtemps. Elle jette un sort à l'impolie, qui se retrouve couverte d'une abondante pilosité. S'ensuivent une dispute, quelques hurlements, une maman qui s'évanouit et une autre qui prépare de l'antidote. Lorsqu'on croit la situation rétablie, le papa de Marie-Grenadine frappe à la porte. Plutôt que d'exiger des excuses, il présente son crâne chauve et demande poliment s'il serait possible de lui regarnir le caillou. De l'action, de l'humour, des retournements de situation, le tout en six cents mots. Un bonbon avec ça?

AMANDA CRAPOTA, L'APPRENTIE SORCIÈRE

Muzo

Albin Michel,

Collection «La fourmi qui lit»

6-7 ans

Paris, 2002, 28 pages

Un jour de grand vent, les trois enfants de la sorcière s'en vont au parc. Les écureuils et les pigeons s'enfuient vers la cime des arbres, sachant que cette visite n'augure rien de bon. Ils ont bien raison. L'aîné, voulant rendre service, transforme une fillette en grenouille pour qu'elle puisse aller repêcher son embarcation qui a coulé au fond du bassin. Après le sauvetage, la fillette veut reprendre sa forme initiale, mais les enfants de la sorcière ne savent pas défaire ce qu'ils ont fait. La cadette, pour la consoler, métamorphose alors les arbres en palais, les pigeons en laquais et la marchande de glace en princesse, bref, tout le monde y passe. Comme la fillette n'est toujours pas satisfaite de son sort, la benjamine hurle alors le seul mot magique qu'elle connaît pour régler la situation: «MAMAN!». Et voilà la sorcière qui débarque sur son balai pour tout remettre en place. Des illustrations un peu années cinquante accompagnent à merveille cette charmante déclinaison du thème de l'enfant catastrophe, sans une once de malice.

LES ENFANTS

DE LA SORCIÈRE

Texte d'Ursula Jones,

illustrations de Russell Ayto

Kaléidoscope

Paris, 2002, 32 pages